Axe routier Télimélé-Kindia: le tronçon de tous les calvaires

juillet 31, 2019 8:50

Longue de 135 kilomètres, la route nationale reliant la préfecture de Telimélé à sa voisine de Kindia est à ce jour dans un état de dégradation très poussée. En cette période des grandes pluies, la fluidité du trafic est perturbée.

En effet, pour s’en convaincre de cette triste réalité que vivent les usagers de ce tronçon, il faudra oser s’y aventurer. Le voyageur est confronté aux nids d’oiseaux et aux flaques d’eaux qui alternent  avec des fossés profonds, de latérite boueuse ayant perdu toutes consistances. Parofis, il y a aussi des ponts de fortune sont emportés ou submergés. Ceci est le triste sort d’une préfecture située à environ 272 kilomètres de Conakry.

Cette situation suscite l’ire des chauffeurs qui pratiquent cette route à cause des péripéties et des dangers qu’ils courent.  C’est du moins l’avis de maître Bilia que nous avons rencontré : « aujourd’hui, nous courrons des gros risques en pratiquant ce tronçon, risques liés à notre sécurité et à celle de nos engins. A chaque voyage, nous sommes obligés de partir faire l’entretien de nos engins avec tous les coûts y afférents et tenez-vous bien, pour un chauffeur habile avec un bon véhicule, il faudra au moins 7 heures de temps pour parcourir les 135 kilomètres. »

Pour Ibrahima sory Diallo, citoyen qui fréquente régulièrement cette route, l’État doit agir et maintenant sinon Telimélé sera coupée de Kindia.

« Pendant que je vous parle comme çà, un camion transportant des marchandises en partance pour Telimélé a fait un accident tout près du pont surnommé « pont sékou Touré » entre Bangouya et Kindia. Il  y a des ponts qui ont cédé, d’autres submergés. Donc, nous invitons l’État guinéen à penser aux douleurs de ces usagers et d’intervenir le plus tôt que possible.>>

 Par ailleurs, si de Telimele ville à konkouré on peut s’estimer heureux, l’ambiance est toute autre dans le reste du parcours.

À la rentrée tout comme à la sortie de la commune rurale de Bangouya dans Kindia, il faudra être téméraire pour se frayer un passage.

A certains endroits, le chauffeur est obligé de débarquer les passagers pour faire face à une rude bataille afin d’arpenter des collines boueuses et glissantes.

 Tout au long de la traversée, des jeunes et des enfants des localités riveraines, munis des pioches, des pelles, des houes et des brouettes essayent de réfectionner les parties les plus dangereuses  » le malheur des uns fait le bonheur des autres. »

En attendant, les prix flambent sur les marchés et les populations, impuissantes, continuent à tirer le diable par la queue.