Bah Oury : « La question de la corruption a atteint des sommets inimaginables en Guinée »

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« Cinquante-un million de dollars ne peuvent pas disparaitre dans une entreprise nationale sans que l’ensemble de la chaîne ne soit au courant », estime l’opposant Bah Oury. Cette réaction fait suite à la sortie médiatique du procureur de la République près le Tribunal de Première Instance (TPI) de Kaloum pour annoncer des poursuites judiciaires contre deux hauts cadres du ministère des Télécommunications pour « faux et usage de faux » et « détournement de deniers publics. »

Au bout du fil, Bah Oury a rappelé que pour qu’on puisse faire les choses correctement, avant de prononcer des décisions mettant en cause des personnes, il fallait des préalables notamment des enquêtes judiciaires bien établies et de manière transparente.

« Il ne faudrait pas que sous prétexte de lutter contre la corruption et le détournement de deniers publics, qu’on en profite pour masquer les vrais responsables. 51 millions de dollars ne peuvent pas disparaitre d’une entreprise nationale sans que l’ensemble de la chaîne ne soit au courant. De ce point de vue, je considère qu’il y a de la précipitation à indiquer déjà les coupables alors que peut-être, les choses sont beaucoup plus profondes que cela », a-t-il dit.

Dans la même logique, Bah Oury pense que «il ne faut pas qu’on profite pour faire une opération politicienne à la veille d’un jeu extrêmement important pour le pays, pour faire croire que les choses vont changer alors qu’en réalité, c’est pour endormir la vigilance de la population».

A l’en croire, ‘’la situation actuelle de notre pays est calamiteuse. La question de la corruption et de détournement des deniers publics a atteint des sommets inimaginables. Une bonne partie de nos ressources disparaissent ainsi sans pour autant que des maigres ressources ne puissent servir les populations. On ne peut justifier trois milliards de dollars injectés dans le secteur énergétique sans que la question de l’électricité ne soit réglée aujourd’hui dans notre pays. Il y a un grand laxisme dans la manière dont la gouvernance se fait. Il y a un ministre qui dit qu’un village n’a pas l’électricité à cause d’un sorcier. Il faut du sérieux et  un changement fondamental de l’habitude des responsables vis-à-vis des ressources publiques qui sont aujourd’hui dilapidées n’importe comment»