Bilan de l’année 2019 en rase campagne : la gendarmerie routière dresse un tableau synoptique

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A l’entame de cette activité devenue traditionnelle, de recueil des données statistiques annuelles des accidents de la circulation auprès des services de sécurité routière, nous avons rencontré le lieutenant-colonel Michel Koly Sovogui, Commandant de la Gendarmerie Routière.

Notre interlocuteur en sa qualité de  première autorité en charge de cet important secteur, a tout d’abord fait un bref rappel de l’arrêté du 23 Mai 1979 qui stipule en son article 1er : « pour compter du 1er juin 1979, les tâches de sécurité routière sont réparties entre la  Police et la Gendarmerie Nationale, ainsi qu’il suit : la police est chargée de la Sécurité Routière dans tous les centres urbains : à Conakry,  jusqu’au km 26. Pour les autres centres urbains : jusqu’à 5 km de la ville. La Gendarmerie Nationale, quant à elle, est responsable de la sécurité routière sur toutes les voies interurbaines. »

Pour la  première autorité en charge de la Gendarmerie Routière, cette référence est citée pour apprécier l’immense zone de contrôle dévolue à la gendarmerie, à travers son commandement.

 Ce sont des milliers de kilomètres de routes situées entre les centres urbains, dont la surveillance parfaite et constante nécessite un maillage complet et efficace. C’est la mission réservée aux huit compagnies sécurité routière évoluant sous son autorité directe, à l’intérieur du pays, au niveau des régions administratives.

Il ajoutera que l’instruction donnée par le Général de Corps d’Armée Ibrahima Baldé, Haut Commandant de la Gendarmerie Nationale, Directeur de la Justice Militaire, Commandeur de l’Ordre National du  Mérite, est d’empêcher la commission d’infractions génératrices d’accident en ces endroits souvent très isolés, où certains conducteurs se sentent en recréation et permis de tout faire. D’où les lourds bilans d’accident que l’on y enregistre.

Il leur est enjoint également, de lutter sans répit contre les coupeurs de route qui sévissent sur ces routes interurbaines, pillent, blessent et, parfois même, tuent les usagers de la route.

Ainsi, dans l’accomplissement de cette mission, exerce-t-il entre autres, la coordination des activités des huit Compagnies Sécurité Routière, des brigades mobiles et de la section motards.

La sécurité routière est pour la gendarmerie un impératif, mais aussi un moyen d’affirmer sa crédibilité par les efforts consentis et les résultats enregistrés.

Pour le lieutenant-colonel Michel Koly Sovogui, le développement fulgurant de l’automobile au cours de ces dernières années a fait apparaître l’accident comme l’un des grands fléaux de notre société contemporaine. En effet, le véhicule est devenu, par le mauvais usage qu’on en fait sur la route, un facteur de risques et de handicaps chez la plupart des usagers, surtout les jeunes qui constituent la couche la plus active de la population.

Il nous dira, déplorer fortement les accidents qui se commettent sur la voie publique, notamment les cas mortels résultant de l’imprudence des conducteurs. Pour lui, perdre même un seul guinéen par suite d’accident est déjà trop pénible et préjudiciable en soi, pour qu’on en rajoute chaque jour et sans arrêt.

 Mais quand cela arrive, il comprend aussi et accepte qu’on en parle, pour que chacun  prenne ses responsabilités. La sécurité routière est un problème de santé publique. C’est comme une chose que nous avons tous, en partage.

Voici donc qu’il nous propose, comme pour corroborer tout l’intérêt qu’il attache à cet important sujet, la synthèse des statistiques d’accidents de la route constatés par ses services en rase campagne, du 1er janvier au 31 décembre 2019 :

Nombre d’accidents : 753                                                        

Nombre de véhicules impliqués : 1249

 Privés : 916

 Etat : 29

 Etrangers :16

 Motos :286

 Vélos : 02

Nombre de victimes : 1854                                                                                         

Tués : 361, dont (Hommes : 245 ;  Femmes : 116)

Blessés Graves : 806, dont (Hommes : 507 ; Femmes : 299)

Blessés légers : 687, dont (Hommes : 387 ; Femmes :300)

Dégâts matériels importants : 805                                                         

Dégâts matériels légers : 317

Véhicules indemnes : 127                                                                                                                                                                   

Les infractions à l’origine de ces accidents, par ordre décroissant :

Excès de vitesse : 232

Circulation à gauche : 217

Défaut d’entretien technique: 69

Fausse Manœuvre : 58

Changement de direction sans précaution : 50

Dépassement défectueux : 43

Non-respect de la distance de sécurité: 29

Sommeil au volant : 22

Poids excessif : 10

Stationnement gênant la circulation : 10

Obstruction de la chaussée : 06

Divagation des animaux : 05

Alcool au volant : 02  

L’action de la gendarmerie routière est avant tout  préventive, donc à vocation dissuasive. Elle doit, de ce fait, revêtir un caractère d’éducation et de renseignement à l’intention des usagers de la route. Et c’est bien ce souci d’informer les utilisateurs du réseau routier national qui a conduit la gendarmerie routière à produire  cette liste non exhaustive des zones réputées dangereuses, communément appelées points noirs, répertoriées par région et par axe routier :

Compagnie Sécurité de Kindia :

Kilomètre 36 – Coyah : pont de Fassia ; SODEFA: un carrefour dangereux en face d’un marché.

Coyah-Kindia : Kaka, succession de virages qui aboutit à un pont ; Madinadjan : un tracé rectiligne qui aboutit subitement à un virage dangereux ; Labota : virages successifs sur une montagne.

Coyah-Forécariah : Khognè makolon (qui signifie endroit ignoré de l’étranger) ; entre Dandayah et Forécariah : virage dangereux après un tracé rectiligne.

Kindia-Mamou : Tapioka : succession de virages ; Bokariah : deux ponts rétrécis.

Compagnie Sécurité de Mamou :

Mamou-Dabola : Wangako, PK 32 : montagne dangereuse ; Dara : montagne dangereuse et divagation d’animaux ; Boulliwel, PK 42 : virages dangereux et chaussée rétrécie.

Compagnie Sécurité Routière de Labé :

Labé-Pita : Lèydhèppol, PK 11 ;

Labé-Tougué : Fallo, PK 6 ;

Labé-Koundara : Kouramangui, PK 45 ; Tyanguelbori :PK56 ; Montagne de Sita ;

Compagnie Sécurité Routière de Faranah :

Faranah-Mamou : Maréla, PK 90 ;

Faranah-Kissidougou: Nianfarando ;

Faranah-Dinguiraye : Bissikirima ;

Dabola-Mamou : Cisséla, PK 90.

Compagnie Sécurité Routière de Boké :

Boké-Boffa : Kossinssing ; Sinéya ; Denken ; Songoron ; Ariboya.

Compagnie Sécurité Routière de Kankan:

Kankan-Kissidougou: Moribayah ; Morigbèdou ;

Kankan-Siguiri: Karfamoriah ; Batènafadji ;

Kankan-Kouroussa :Sarankony.

Compagnie Sécurité Routière de Guéckédou :

Guéckédou-Kissidougou : Worodougou.

Guéckédou-Macenta : Kalivassa, montagne serpentée.

Macenta-N’zérékoré : montagne de Zoboloma, dans la forêt de Ziama.

Compagnie Sécurité Routière de N’zérékoré

N’zérékoré-Macenta : Samoé.

N’zérékoré-Lola : Zao, PK 7

 N’zérékoré-Yomou : Wèta, PK 30.

N’zérékoré-Beyla : Kpaya, PK 7.

N’zérékoré-Diecké : feu rouge, PK 45; montagne, PK 142.

La lecture de ces chiffres conduit à se demander quelle information ils véhiculent. Sont-ils en baisse ou en hausse, comparés à ceux de l’année précédente ?

Le commandant de la gendarmerie routière n’attend pas pour nous avouer que c’est la deuxième variante qui prévaut : ils sont en hausse, malgré tous les efforts consentis.

Nous allons y revenir dans nos prochaines livraisons.

En attendant, le lieutenant-colonel souhaite une bonne année 2020 à tous les usagers et les invite à contribuer à la réduction des accidents par un meilleur comportement sur la route.