Blocage politique : comment sortir de l’impasse ?

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Pour s’être entendus comme des larrons en foire de refuser catégoriquement le vote populaire comme au temps de Sékou Touré, voilà nos deux compagnons nez à nez pour se prendre au collet. Le vote populaire suggéré aurait évité tous ces contentieux et toutes ces tergiversations. Rien ne sert de pleurer sur le lait renversé. Il s’agit de tirer les leçons pour trouver la sortie de ce cul-de-sac,  un vrai coupe-gorge.

Ce qui a manqué de justesse de se passer à Kindia, s’est passé en direct à Guéasso. Beaucoup d’autres endroits voudraient en faire de même. Le ministère de la Décentralisation a eu raison de suspendre la mise en place des élus communaux, mais après ce gros morceau, il restera toujours l’installation des chefs de quartier, ça va se faire savoir. Les raisons sont simples : l’arrogance et le manque de psychologie sociale ont été à la base de tout. Dommage que Alpha Condé, qui ne voit rien, n’emploie pas l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Au lieu de mettre Bano Barry, qui est sociologue, à l’Administration du Territoire, il l’a mis au comité de réflexion sur les problèmes de l’Education. Mais un bon sociologue n’est pas forcément bon pédagogue, on aura l’occasion de démontrer ça une autre fois. Charbonnier à la place de cordonnier.

Il faudrait vouloir mettre la vérité sous le boisseau que de se voiler la face dans cette problématique guinéenne. Pendant tous les remaniements ministériels, chacun se met à compter combien de Soussous, de Peuls, combien de Malinkés et de Forestiers il y a pour savoir si « la Guinée roule sur les quatre roues ». Ce questionnement est omniprésent dans tous les esprits. Mais quand il s’agit de prendre la question en compte sur soi, l’on oublie volontairement les conséquences directes sur le terrain.

On a entendu quelques échos de ce qui s’est passé à Gueasso. Les militants du Bloc Libéral ont donné leur version, mais à écouter les autres, il est difficile de trancher. Il faut dire qu’il y a eu manque de psychologie sociale. Si c’était un Balamou ou un Doré ou un Délamou… qui avait été tête de liste du BL pour gagner à Gueasso, il aurait encore fallu faire preuve de beaucoup de tact pour l’installer, mais pas venir avec tambour et trompette pour le faire devant ceux du terroir qui ont le profil bas.

A Kindia, également, il faut mettre le doigt sur la plaie : si c’était une personne de l’UFDG qui avait une onomastique qui correspondait tant soit peu à la toponymie des lieux, c’était dans la poche dès le premier instant, mais le nom de Abdoulaye Bah est clivant, et il agace les ‘’Kaniakas’’, qui ont le profil bas. Il faut appeler le chien par son nom…

Le cordon ombilical de Kindia est à Tafory, que personne ne s’y hasarde pour vouloir prendre la tête de la prière. C’est tout dire, à moins de chercher la confrontation. On a parlé des centaines de motos venues de nulle part pour soutenir la mise en place de Abdoulaye Bah à la mairie de Kindia, ç’aurait été le chaos.

 L’histoire de la résistance à la pénétration coloniale a été riche dans les quatre régions naturelles. Il faut éviter la répétition de cette histoire. La démocratie, il faut la mettre de côté, les populations des terroirs l’ignorent éperdument.

C’est là que Dr Bano Barry devait sortir de sa réserve. Quant à l’UFDG, saura-t-il tirer les vraies conclusions ? S’il est réfractaire, sait-il qu’il joue le jeu du RPG ?