Boffa: les pêcheurs confrontés à d’énormes difficultés

mai 30, 2018 12:25
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La Préfecture de Boffa est située à 150 kilomètres de Conakry. Elle regorge plusieurs ports de pêche artisanaux. Ces petits ports à l’instar du port central de la commune urbaine, sont devenus les lieux privilégiés des jeunes. Certains pour se « débrouiller » et gagner leur pain quotidien, d’autres par contre y vont pour des pratiques pas saines: trafic de drogue, débauche, vol à la tir, pickpocket etc…

Selon Idrissa Wattara Bangoura, le chef de port, certains jeunes ont transformé ces ports en des nids de bandits:  » ici, il n’y a pas de sécurité, les jeunes n’ont pas peur de consommer et de vendre le chanvre indien et autres stupéfiants….Un tour suffit et vous vous en rendez-compte de l’insécurité qui y règne. Pour d’autres, ces ports donnent l’ouverture sur le premier emploi. Mais ceux qui créent le désordre, sont les plus nombreux. Si l’État ne nous aide pas à mettre l’ordre dans ce port, les voyous vont le transformer en une jungle, à un « no man’s land »…. », a lâché le patron du port.

Au-delà de la pêche, ces jeunes font aussi le transport des passagers vers les ‘îles de Sakama, Marara et Torofily sans aucune mesure de sécurité avec des pirogues de fortune. Pour Sekou wadol keita, pêcheur du coin, il manque à ces ports des matériels de travail et autres infrastructures de développement: « on a des difficultés du point de vue infrastructures… il n’ y a pas d’école, ni de poste de santé et d’eau potable. Et plus grave, Les gilets de sauvetage que nous recevons ne sont pas bons. Quand on les porte, il fait très chaud à l’intérieur. On craint aussi pour ce début de grandes pluies. Quand il y a des vents forts, On peut être renversé parce que nos gilets de sauvetage sont gâtés. Nous tendons la main à l’État pour une assistance. Certains pêcheurs utilisent les pirogues sans moteurs », a-t-il demandé avant de rappeler:  » l’année dernière, les gilets de sauvetage ont été distribués  gratuitement. Et cela dans toutes les îles avec l’appui du ministère de la Pêche, mais pour les pirogues de transports, il faut un nombre suffisant pour permettre aux passagers d’avoir chacun un sauvetage pour leur sécurité. Je lance l’appel à l’État de nous aider nous aussi, les chefs de port d’avoir un moyen de locomotion pour pouvoir assumer nos tâches dans les ports, sinon le travail sera difficile. Parce que nous ne sommes pas salariés ».

Bien qu’il y ait des risques dans ce métier, certains jeunes diplômés sans emploi s’y adonnent et parviennent à subvenir à leurs besoins.