Boké: les précisions de la gendarmerie sur l’accident de la route qui a fait 9 morts à Kamakouloun

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Neuf morts du coup et un blessé ! En temps normal, cela ne se voit que sur la route. La réplique n’est imaginable qu’en période d’épidémie aiguë ou sur un champ de bataille. Voilà pourquoi on parle de violence routière. Un phénomène qui arrive, hélas, bien souvent, mais auquel on ne saurait s’habituer.

Devant le nombre élevé de morts et les nombreuses réactions qui en ont résulté, la compagnie sécurité routière de Boké, dont c’est la zone de contrôle, apporte les précisions utiles à la bonne compréhension de cette autre tragédie routière qui vient endeuiller des familles.

Selon le chef d’escadron Yakouba Soumah, commandant d’unité, « cet accident mortel de la circulation, survenu dans la nuit du lundi 29 avril 2019 a intéressé deux  véhicules, à savoir :

Un camion Renault immatriculé RC 0339 AN conduit par Mamadou Djouma Diallo, en provenance de Kamsar pour se rendre vers Kolaboui et une voiture Renault 21, RC 1099 K chargée de passagers en provenance de Kolaboui vers Kamsar, conduit par Sékouna Camara.

C’est aux environs de 20h 40 que les deux véhicules sont entrés en collision dans la localité de Kamakouloun, située au PK 15 de Kamsar, en direction de Kolaboui.

Aussitôt sur les lieux, nous avons mis en œuvre les procédures d’usage: dégagement et sécurisation des lieux, évacuation et identification des victimes, collecte et consignation des bagages et constat.

Le bilan enregistré a été de neuf morts : cinq hommes dont un enfant de trois ans ; quatre femmes dont une fillette de deux ans.

Les victimes mortelles  sont les suivantes :

                 1-Sékouna CAMARA (Chauffeur de la R 21)

                 2-Mamadou Bobo CAMARA

                 3-Oumar CISSE

                 4-Mamadou DOUMBOUYA

                 5-Mamadou Fodé SOW

                 6-Mariama DRAME

                 7-Mabinty TOURE

                 8-Mamaissata CAMARA

                 9-Mayéni (l’identité de cette victime mortelle est incomplète pour le moment. Elle est inconnue dans la contrée. Nous apprenons qu’elle partait faire des emplettes pour son enfant malade qu’elle a laissé en  traitement chez un guérisseur).

Je voudrais également apporter un complément d’informations par rapport à deux rumeurs qui ont circulé après cet accident. D’abord, du point de vue des victimes, l’opinion ne s’est focalisée que sur le chiffre des neuf morts. Pourtant, une personne a survécu à ce drame: il s’agit de dame Mbaliya Soumah, ménagère, âgée de 35 ans. Sa famille a déjà pris contact avec nos services. Quoique blessée, elle n’aurait pas attendu les secours ou le service constat sur les lieux de l’accident. Elle était si choquée nous a-t-on dit, qu’elle a quitté subitement les lieux par d’autres moyens.

Ensuite, s’agissant des véhicules en cause, la même rumeur a fait cas d’une collision entre une voiture et un camion de transport de bauxite se rendant à Sangarédi. Ce qui n’est pas exact. Le camion dont il s’agit ici, (à proprement parler, une camionnette de six roues) est un véhicule  frigorifique transportant des produits périssables, en l’occurrence du poisson frais. »

Revenant sur les circonstances de ce tragique accident, le chef d’escadron Yakouba Soumah dira qu’il est dû à l’éblouissement : « Le chauffeur de la R 21 a pris les phares du véhicule adverse en ‘plein dans les yeux’. Ce qui l’a amené à se déporter sur la gauche, entrainant sa collision avec le camion. »

Dans le même ordre d’idées, il ajoutera que « si l’éblouissement est l’élément causal à l’origine de cet accident, il n’explique pas pour autant, à lui tout seul, le lourd bilan enregistré. Pour qu’il y ait tant de morts, il faut nécessairement penser à la vitesse. Les deux véhicules se sont télescopés sur une route en bon état, au tracé rectiligne. A un moment où tout donne à croire qu’ils roulaient très vite. Ce qui explique la violence du choc et les dégâts humains et matériels qui en ont résulté. Le camion a trainé la voiture sur une quinzaine de mètres, avant de s’immobiliser. Les deux véhicules  sont restés couplés au point d’arrêt, bloquant la circulation dans les deux sens. Nous avons été obligés de les séparer pour libérer la voie, avec l’aide des populations mobilisées en grand nombre sur les lieux de la catastrophe. Nous avons noté un grand effort de sensibilisation  mené en direction des jeunes par  les responsables de la commune rurale, pour éviter les actes de vandalisme si courants dans la zone, après chaque accident, surtout de camion ».

C’est pour cela, dira le chef d’escadron Yakouba Soumah, « pour limiter les risques, nous insistons pour dire à tous les usagers circulant en rase campagne de rouler toujours avec prudence, en évitant les vitesses excessives qui sont des facteurs aggravants en cas d’accident. Aussi, ajouterons-nous le cas des surcharges qui sont des vecteurs de gêne et d’inconfort dans la conduite pour le chauffeur et de risques énormes en cas d’accident, pour les passagers, serrés comme des sardines et dépourvus de ceinture de sécurité. »

Quant à l’éblouissement, notre interlocuteur précisera que « c’est un réel danger pour la circulation. La nuit, le croisement obéit à des règles plus strictes. L’usage des phares non conformes est strictement interdit. Leur nombre, leur luminosité, leur réglage, leur fixation, tout cela est codifié ». Mais, dira-t-il pour conclure, « quand un usager est ébloui, plutôt que de forcer à rouler sans rien voir devant lui,  il lui est fortement recommandé de ralentir, serrer à droite et si tout cela ne suffit pas, s’arrêter et laisser passer ‘l’éblouisseur’. C’est un principe de la conduite défensive qui nous permet d’éviter l’accident, en toutes circonstances.»