Bouya à propos des législatives : « Il n’y a pas eu d’élections équitables mais plutôt un partage… »

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Suivez en direct Bouya Konaté, Président de l'UDIR, candidat à l'élection présidentielle du 18 octobre prochain dans Sans Concession.

Posted by Guineenews.org Boubahcom on Friday, September 11, 2020

Les dernières législatives dont découle l’assemblée nationale actuelle n’en finissent pas de faire parler d’elles. Le président et candidat de l’UDIR (union pour la défense des intérêts républicains) à prochaine présidentielle est revenu sur ce scrutin couplé au référendum le 22 mars dernier. Dans l’émission « sans concession » de Guineenews, Bouya Konaté a donné des raisons qui expliqueraient le fait que son parti n’a eu aucun siège à l’assemblée nationale à l’issue de ces élections. Nous vous proposons ci-dessous ses propos transcrits in extenso.

Lisez !

« Pendant les élections, on a eu beaucoup de soucis. Personnellement j’ai été brutalisé au sein d’un bureau de vote où j’étais de passage pour regarder. Les militaires, sans avoir l’information officielle, étaient en train d’arrêter le vote à 16 heures, or c’est à 18 heures. Ils prenaient les caisses, je me suis présenté, je suis intervenu mais ils m’ont brutalisé. On a continué. La nuit, une équipe est allée à la commune de Matoto où on avait un candidat (…). Nous sommes allés. C’était la désolation. Voir des gens marcher sur des bulletins de vote (…). J’ai eu un nœud au cœur, j’ai eu les larmes aux yeux de voir tous ces Guinéens qui se sont levés très tôt le matin, pour aller voter et voir leurs votes au sol, les gens en train de marcher dessus. Je suis venu m’arrêter. Comme j’avais un talkie walkie les gars on cru que c’était un militaire, un soutien du régime en place. Ils étaient là (…), (…) si c’est UDIR qui est coché ils mettent deux autres croix dessus. Ça devient un bulletin nul (…). J’étais à côté, je regardais. Je riais avec eux. Je suis allé retrouver le maire, j’ai discuté avec le maire qui a appelé le président de la CECI (commission électorale communale indépendante) de Matoto. Je lui ai posé une question. J’ai dit est-ce que vous êtes fier de l’organisation que vous êtes en train de faire ici ? Il m’a dit que ce n’est pas de sa responsabilité, parce qu’il a dit au système que la logistique qu’il a ne permet pas de recevoir toutes ces caisses à la commune de Matoto. Nous avons discuté, j’ai quitté. Mes éléments ont continué à suivre le processus électoral. Madame Sylla qui était représentante de l’UDIR à Matoto, ils l’ont agressée verbalement. A un moment, étant une femme, j’ai décidé de la faire quitter et mettre un autre agent, un homme à sa place. Il y a eu beaucoup de fraudes à ce niveau ; les décisions venaient d’en haut. Donnez plus de points à ce parti, donnez plus de points à celui-ci. Mais après toutes ces malversations, UDIR s’est retrouvée avec 3872 voix sur la liste nationale et 18000 voix sur la liste uninominale. Vous voyez le gap, l’écart ? Au moins le premier document qu’on avait vu c’était 32 000 voix ; le premier document qui est sorti de Matoto, à la présence de mon représentant. Après nous nous sommes retrouvé à 18000 voix (…) Je ne comprenais pas pourquoi (…). Il y a un grand écart d’autant plus que les deux votes  se faisaient simultanément pour le candidat à l’uninominal et pour le candidat sur la liste nationale. Nous avons accepté en tant que républicains. Mais les votes ont commencé à arriver au niveau de la centralisation à la CENI. A Forécariah nous avons eu 2 872 voix, à Kankan 6 000 voix (…). Après tout ce que nous avons eu comme voix dans les urnes, après les tripatouillages, après l’action des chefs de quartiers, les préfets, tous ceux qui veulent montrer au Fama (chef NDLR) qu’ils sont à son solde, les résultats sont arrivés à la CENI aux compte-gouttes. UDIR était déjà à plus de 9000 voix. Ils ont arrêté de publier les résultats. D’un seul coup, ils ont décidé de publier les résultats globaux. Maintenant les résultats globaux qui sont sortis sur la liste nationale font état pour UDIR de 3 212 voix, inférieurs aux résultats qui sont sortis juste de Matoto. (…) Nous avons fait nos réclamations au niveau de la Cour constitutionnelle. La Cour constitutionnelle à date, est une caisse de résonance. Elle répond aux aspirations de la présidence de la République, malheureusement. En fait, c’est ce qui s’est passé. Il n’y a pas eu d’élections équitables mais plutôt de partage de sièges aux partis larbins et ceux qui ont décidé de suivre le RPG arc-en-ciel… »

Propos transcrits par Thierno Souleymane