Boycott du dialogue : Très remonté, Damaro assène ses vérités à l’opposition et menace

mai 11, 2018 6:21
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«Si l’opposition veut, elle peut organiser des villes veillées, des villes mortes, des villes en coma. C’est leur affaire ! Nous continuerons, nous, à travailler. Désormais, il n’est plus question de violer la loi pour faire plaisir à l’opposition»

L’opposition républicaine a annoncé le jeudi 10 mai la suspension  de sa participation aux travaux du comité de suivi du dialogue politique. Ce vendredi, le groupe de la majorité parlementaire, par la voix de son président, a vivement réagi à cette décision des opposants.

Amadou Damaro Camara accuse les opposants de manœuvres visant à rendre le  pays ingouvernable. Pour le patron de la mouvance présidentielle, le pouvoir ne s’associera plus  à aucune violation de la loi de  la  République pour faire plaisir à l’opposition.

« D’abord il faudra que l’opposition fasse une précision. Le comité de suivi…nous avons la loi sur la CENI, l’audit du fichier et en dernier ressort le contentieux électoral. Est-ce que c’est sur le débat du contentieux électoral qu’elle se retire ou c’est du comité de suivi entièrement ? Si c’est du processus entier, cela veut dire que les débats portant sur la CENI et le fichier sont aussi suspendus », fait remarquer le président du groupe parlementaire, RPG-Arc-en-ciel avant d’ajouter que cette décision de l’opposition républicaine ne le surprend pas. « Car, dit-il, elle est antérieure aux négociations. »

D’ailleurs, Damaro estime que l’opposition n’a qu’une seule vocation, c’est  de créer une crise superficielle pour empêcher l’Etat de gouverner.

« Si les autres ont été surpris, moi je l’ai été moins. Parce qu’avant-hier, on s’est dit de nous retrouver mercredi pour négocier et pendant que leurs délégués venaient, ils (leaders de l’opposition, ndlr) étaient déjà en conférence de presse pour annoncer leur retrait. La loi dit dans le code électoral que les contentieux électoraux sont vidés par les tribunaux. Toutes les parties prenantes ont été, chacune, déboutée sur 24 revendications et acceptée sur deux. Dans ces conditions, les opposants devraient aller se plaindre au conseil, supérieur de la magistrature. Au lieu de cela, ils ont marché et le président de la République nous a tous reçus et nous a dits de nous mettre autour de la table pour trouver une solution. Mais apparemment, l’opposition ne veut pas qu’on s’entende. Car elle a rejeté toutes les propositions qu’on a faites. A savoir : la reprise des élections dans les communes où il y a contentieux », dit-il.

L’opposition annonce la reprise de ses manifestations qui commencent dès le lundi 14 mai par l’opération ‘’Ville morte’’. Pour Amadou Damaro Camara, l’opposition peut manifester autant de fois qu’elle veut. Ceci ne pourra pas empêcher l’Etat de fonctionner. Déjà, une demande officielle a été adressée au ministère de l’Administration du Territoire pour l’installation des élus dans les communes où il n’y a pas de problème.

« Si l’opposition veut, elle peut organiser des villes veillées, des villes mortes, des villes en coma. C’est leur affaire ! Nous continuerons, nous, à travailler. D’ailleurs, c’est sa seule stratégie. Ce qu’elle ne peut pas obtenir par la loi ou  à l’Assemblée nationale parce qu’elle est minoritaire, elle va dans la rue et crée une crise artificielle pour pousser à aller autour de la table. Par la suite, on fait des accords qui ne peuvent pas être appliqués dans la réalité.  Par exemple, c’est ce qui s’est passé avec l’audit du fichier. Parce le cahier de charges qu’elle a proposé aucun cabinet au monde ne pouvait soumissionner pour remplir les conditions posées dans le cahier de charges. C’est-à-dire que le fichier, c’est du numérique. Le numérique ne peut pas avaler des paramètres politiques. Et conséquence, le fichier n’a pas pu être audité et on devait se retrouver mercredi dernier pour que l’on trouve une solution technique avec la CENI. La stratégie de l’opposition, c’est d’empêcher de gouverner. Elle utilise tous les alibis pour ne pas permettre de gouverner…. Et ces opposants ont du plaisir à compter les morts. Malheureusement, ce sont des enfants des autres. Aucun des leaders n’a un enfant parmi ces morts », rappelle le député de la Mouvance.

« Désormais, il n’est plus question de violer la loi pour faire plaisir à l’opposition », martèle le président de la majorité parlementaire.