Brésil : les conséquences de la confortable installation de l’extrême-Droite ?

octobre 29, 2018 4:30
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Brazilian ex-president (2003-2011) Luiz Inacio Lula da Silva (C) arrives at the Federal Police headquarters where he is due to serve his 12-year prison sentence, in Curitiba, Parana State, Brazil, on April 7, 2018. Brazil's election frontrunner and controversial leftist icon said Saturday that he will comply with an arrest warrant to start a 12-year sentence for corruption. "I will comply with their warrant," he told a crowd of supporters. / AFP PHOTO / Heuler Andrey (Photo credit should read HEULER ANDREY/AFP/Getty Images)

Brésil : les conséquences de la confortable installation de l’extrême-Droite ?

Le Parti des Travailleurs a tenu mordicus, jusqu’à la dernière minute, à maintenir la candidature de Lula da Silva alors qu’il est en prison pour fait de corruption ; Dilma Rousseff, qu’il a présentée et placée comme successeur pour garder au chaud sa place, a été prise en flagrant délit de « maquillage des comptes » pour faire passer un bilan négatif pour positif. Il va falloir prouver tout cela, maintenant que Jair Bolsonaro est aux commandes. Fernando Haddad, le désormais leader du PT est affaibli comme jamais , étant vu comme un candidat par défaut, sorti du chapeau du PT en désespoir de cause.

C’est aussi un peu par défaut et un peu plus par conviction que Bolsonaro a été choisi. En effet, le Brésil moderne est de fondement chrétien. La grande statue de l’enfant Jésus surplombant la Baie de Janeiro témoigne du culte de la chrétienté dans les croyances populaires, or, dans le Brésil actuel, la drogue, la prostitution, la dépravation des mœurs, la corruption, en plus des avortements autorisés et les « mariages pour tous », l’existence des LGBT et leurs exhibitions qui heurtent les religieux et enfin l’insécurité dans les quartiers des pauvres, les Favélas, ont atteint presque le seuil quotidien de l’intolérable, comme au Mexique. Les Brésiliens comptent sur Bolsonaro pour changer la donne, et ce qui est époustouflant, c’est que dans son l’électorat ,il y a des Noirs, même si on a tendance d’oublier un peu trop souvent que le Brésil est de racine indienne et des déportés Africains. Les battus campent sur leur position et refusent d’abdiquer, tant leur déconvenue ne leur parait pas évidente par excès de Nationalisme ou par fascisme de Gauche.

Les conséquences de l’élection de Jair Bolsonaro ont pour effet d’isoler le Venezuela et certains pays de Gauche de l’Amérique du sud, mais au-delà, c’est en Europe qu’il faudrait jeter un œil. Hormis certains pays de l’Europe de l’est qui sont en train de ruer dans les brancards des quotas des migrants à recevoir, il y a l’Italie de l’extrême-Droite,qui refuse d’obtempérer dans le Pacte de stabilité. Selon des spécialistes, l’Italie pousse son déficit budgétaire à 2,4% , alors qu’elle est surendettée déjà de 130% de son PIB. Le record de la Grèce n’est pas battu, mais la tendance est positive dans ce mauvais sens. Elle ne tient aucun compte des injonctions de Bruxelles dans ce sens, d’autant que la montée de l‘extrême-Droite est comme une trainée de poudre. L’Europe est plus fragilisée que jamais, elle ne peut se permettre de punir ni de sévir contre un autre pays. L’Allemagne, la première locomotive économique de l’UE est en pleine déliquescence. Le CDU est encore battu dans les élections par l’AFD (l’extrême-droite allemand).En France, le Rassemblement National reprend espoir. Angela Merkel a démissionné de la tête de son parti CDU mais pas de la chancellerie. La gouvernance va être dans une turbulence à prévoir d’ici à 2021. Elle marche à cloche-pied. Emmanuel Macron, qui veut tirer la locomotive n’a pas assez de carburant, il creuse dans le déficit jusqu’à 2,8% de son PIB, soit 0,4% de plus que l’Italie s’en que Bruxelles n’en disconvienne (on ne prête qu’aux riches) mais Macron est en train de voir de quel côté il peut entailler sans que ça ne crie trop fort.

Les partis de Droite en Europe qui hésitaient dans l’ombre vont commencer à sortir du bois, bientôt. Donald Trump a décidé d’envoyer son armée contre la Marche forcée des migrants de l’Amérique du sud, l’Aquarius est sur cale sèche pour défaut de pavillon. L’Occident commence à ne plus mettre ses valeurs de démocratie en avant, mais de côté.

L’arrivée de l’extrême-Droite au Brésil n’a pas fini de faire parler d’elle. Ce qui est intéressant de savoir, c’est si les Africains qui avaient misé sur l’éternité du PT pour aller planquer leurs magots au Brésil, pourront les faire transférer ailleurs sans éveiller des soupçons de fraudes fiscales. Jair Bolsonaro va-t-il mettre les pieds dans tous les plats de Lula comme Donald Trump dans ceux de Obama ? Attendons de voir.