Brésil: pourquoi Lula s’est rendu «les mains sur la tête» ?

avril 9, 2018 11:23
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Le favoris de la prochaine élection présidentielle au Brésil est accusé de corruption et lâché par toutes les institutions républicaines de son pays, mais pas par les militants de son parti, prêts à faire rempart de leurs corps pour s’opposer à son arrestation.

S’opposant de  cette manière et à une telle ampleur populaire donnerait une certaine image négative de la gouvernance brésilienne et des militants du PT à dénier et à défier la justice de leur pays. Pour eux, Lula est innocent quoiqu’il ait fait en dépit des accusations de corruption qui pèsent sur d’autres leaders des pays voisins du Brésil. Partout ou Odebrecht et Petrobras sont passés dans tous les pays de l’Amérique du sud, il y a eu des traces compromettantes pour les politiques.

Avant et pendant la coupe du monde 2014, on entendait parler de surfacturations abusives et de corruption mais rien ne s’est fait voir, la présidente Dilma Rousseff, la protégée et successeuse de Lula, sera destituée pour avoir bien « maquillé les comptes » pour, probablement, tenter de masquer ou d’effacer les concussions précédentes et, on le voit bien, avec  quelques maladresses. Puisque le pot aux roses a été mis au jour. Et quand elle fut coincée et obligée de démissionner, Lula a mobilisé ses militants et a accouru à son secours pour être épinglé plus fermement qu’elle.

C’est à se demander s’il n’avait pas mordu à l’hameçon pour entrer dans la souricière. En tout cas, Dilma Rousseff est libre, en attendant, mais pour combien de temps ? Cette question se pose, et si Lula est reconnu coupable, elle aura des soucis à se faire. Elle aussi était à ses côtés mais elle s’est bien gardée d’être trop bruyante et manifeste.

Ce bras de fer ressemble à une guerre d’un parti populaire et puissant contre un Etat qui semble bien déterminé de savoir où aller jusqu’au bout. Beaucoup disent que les preuves tangibles de corruption n’existent pas. Si tel est le cas, pourquoi Lula s’est-il rendu à la police malgré l’opposition de ses militants ? S’est-il rendu compte qu’un affrontement donnerait une image catastrophique des échauffourées et surtout celle de son arrestation musclée inévitable, au finish ? Ce serait non seulement une humiliation pour lui, c’est vrai, mais aussi et surtout le durcissement de la situation. L’invalidation de sa candidature était dans l’air, l’aggravation des conditions de sa détention, aussi.

En se rendant de son plein chef, il pourrait éventuellement amadouer les juges et se faire entendre plus ou moins favorablement,  des circonstances atténuantes pourraient être évoquées en faveur d’autres qui sont en stand-by dans cette affaire à ramifications tentaculaires.  Lula n’est pas le seul dans cette affaire, on peut s’en douter.

Reste à savoir ce que l’actuel président Michel Temer a derrière la tête, lui qui, en partie ou en entier, a poussé Dilma Rousseff vers la sortie. A-t-il les mains propres, étant dans le même système ? Lula a promis qu’il prouverait son innocence. Des têtes vont-elles tomber ?

Un sac à nœuds que ce Brésil si riche et si merveilleux.