Campagne agricole: les paysans de Boffa tourmentés par la hantise de la chenille piquante

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Après une mauvaise récolte de la campagne agricole de l’année dernière, causée par la chenille piquante, qui avait dévasté plus d’une centaine d’hectares  de riz, malgré l’application des produits phytosanitaires, les paysans de la sous-préfecture de  Tougnifily ont encore repris le chemin de leur champ de riz avec peu d’espoir pour la réussite de leurs cultures.

Selon Lansana Camara, chargé du développement rural de Tougnifily, la baisse du rendement des paysans est causée par des chenilles piquantes et la vétusté des plaines agricoles :

« Avec l’arrivée de la covid-19, on a eu de sérieux problèmes. D’abord on évolue dans des zones où les ouvrages ne tiennent plus, les plaines sont foutues de Kondeyirè à Monchon. En ce qui concerne les semences, nous n’avons plus de stocks. On avait reçu des semences et elles ont été redistribuées  aux citoyens, mais jusque-là  ça n’a pas été remboursé par ces paysans. Si vous avez vu qu’il y a eu baisse de rendement, c’est à cause de ses chenilles, parce que, ce que j’ai vu je n’ai jamais rencontré ça depuis que je suis là. Par endroit au lieu de la chenille ordinaire, on a vu des chenilles piquantes et elle est très dangereuse. Aussi elle peut immobiliser l’homme pendant deux semaines. Parce que quand on avait recueilli des échantillons, ç’a été confirmé dans le laboratoire national de la protection des végétaux  que c’est une chenille piquante », dit-il.

Avant de reconnaître le mauvais rendement causé par ces chenilles : « Donc pratiquement, il y a eu baisse de rendement   à cause de ces chenilles piquantes et aucune disposition n’a été  prise depuis lors, parce que jusqu’au moment où je vous parle, on n’a pas d’intrants, à cela s’ajoute des difficultés liées au manque de tracteurs et bientôt nous aborderons la campagne agricole », s’inquiète Lansana Camara, chargé du développement rural de Tougnifily

Mohamed Bangoura, paysan du district de Mamya, situé à 3 kilomètres de la commune rurale, s’inquiète de la réussite de  la campagne agricole de cette année. C’est face à cela qu’il lance un cri de cœur : « Nous sommes très inquiets de ce qui s’est  passé chez nous durant la période  de  récolte. Ici, dans notre village,  tout le monde a un champ rizicole et nous vivons à travers ça. Cette année, nous allons encore partir dans différents champs dans l’espoir que nous y trouverons nos plants en bon état. Car,  plusieurs  champs avaient  été  attaqués par des ennemis des cultures qui sont des chenilles. A ce jour, aucune solution n’a été trouvée à ça. Mais comme nous ne pouvons pas rester comme ça, parce que notre vie  dépend de cette activité, nous y tenons. C’est pourquoi, nous demandons aux autorités de nous venir au secours pour éradiquer ses chenilles », a-t-il lancé.