CAN 2025 : le pari périlleux de la Guinée d’une organisation solitaire.

janvier 26, 2019 5:55

Le ministre des sports guinéen Sanoussy Bantama Sow a déclaré cette semaine que la Guinée organisera seule la coupe d’Afrique des nations de football en 2025. La Guinée justifie son choix par l’impérieuse nécessité de profiter de cette occasion pour améliorer ses infrastructures dans les villes devant abriter la compétition (Conakry, Kankan, Labé, Nzérékoré, Boké, Kindia). Déclinant ainsi l’offre d’une co-organisation faite par le Sénégal pour minimiser les coûts exorbitants, pour un seul pays,  de l’organisation d’une coupe d’Afrique à 24 nations.

Le choix de la Guinée, s’il est légitime, est risqué voire périlleux. En effet, plusieurs signes avant-coureurs prédisent que la Guinée ne sera pas prête en 2025.

Premièrement,  la seule grande infrastructure sportive publique en cours de réalisation (le stade de Nongo), n’est toujours pas achevée, 12 ans après la pose de la première pierre par le premier ministre Lansana Kouyaté

Deuxièmement, six ans après l’attribution de la CAN et six ans  avant son organisation,  la moindre première pierre d’aucune infrastructure prévue pour l’évènement n’a été posée dans aucun site devant abriter la compétition.

Troisièmement, ni la loi de finances 2019, ni le plan de développement économique et social 2016-2020, ni l’accord cadre Guinée-Chine  2017-2036 de 20 milliards de dollars, n’ont prévu la construction de la moindre infrastructure sportive.

Quatrièmement, si la ville de Boké, malgré son boom minier, n’a pas pu attirer le moindre investisseur privé pour y construire un hôtel de quatre étoiles, par quel miracle trois hôtels de ce standing seront construits dans chaque ville devant abriter la compétition ?

Par ailleurs, quelle honte y’a-t-il à une co-organisation quand  le Ghana et le Nigéria, le Gabon et la Guinée Equatoriale, le Japon et la Corée l’ont fait avant la Guinée? Et que la première puissance mondiale, les Etats-Unis , co organisera  la coupe du monde en 2026 avec le Canada et le Mexique.

En tous les cas, pour un pays exsangue, il parait plus logique d’améliorer ses infrastructures par le biais d’une co-organisation, quitte à envisager plus tard une candidature solitaire (comme l’ont fait le Ghana, la Guinée Equatoriale et le Gabon).

Mais, les enfants de Sékou Touré aux égos surdimensionnés, l’entendront-ils de cette oreille ? Comme sur un air du déjà entendu en 1958:nous préférons l’humiliation de la CAF en 2024 par un retrait de l’organisation de la coupe d’Afrique, à  un orgueil blessé maintenant par le partage d’une organisation de la CAN avec le Sénégal. N’importe quoi !