Candidature d’Alpha Condé: Baadiko parle d’un « troisième mandat illégal»

0
630

Le président et député de l’Union des Forces Démocratiques n’a pas encore dit si son parti prendra part ou non à la présidentielle du 18 octobre prochain. Mais Mamadou Bah Badiko a réagi à la candidature d’Alpha Condé confirmée lundi soir par le parti au pouvoir via un communiqué.

C’est depuis son séjour camerounais que l’opposant sollicité par Guineenws a réagi à cette actualité. Dans un document rédigé à cet effet, Badiko déclare que  «nous avons eu sans surprise aucune, l’annonce tardive de la candidature de l’actuel chef de l’Etat guinéen, pour un troisième mandat, illégal au regard de la Constitution sur laquelle il avait prêté serment, deux fois. »

Dans la même foulée, l’opposant ajoute que «cet épisode », est «la continuité d’un processus implacable, mené de mains de maître depuis de nombreuses années, pour en arriver là». Et d’ajouter que « contrairement à ceux qui en doutaient, jusqu’à  la dernière minute, à l’UFD, nous avons été les premiers à dénoncer ce qui se tramait». Et que, selon notre interlocuteur, «depuis 2016, même allié du RPG, nous avions sonné l’alerte. Des archives existent pour le prouver. »

Plus loin, Mmadou Bah Baadiko insiste que « pour nous, cette annonce est presqu’un non-événement ». Ajoutant que « la lutte du peuple de Guinée pour la véritable démocratie, l’unité, la justice sociale et le progrès économique et social, doit plus que jamais continuer, en tirant les amères leçons de cette triste expérience de 62 années d’indépendance perdues. »

Mais auparavant, écrit-il «il est regrettable que le Président Alpha Condé, plutôt que d’être un pionnier, un innovateur, en acceptant de se retirer dans l’honneur et de se tailler une place enviable de sage et de conseiller à ses successeurs, ait choisi de violer toutes les lois sacrées du pays, pour rester au pouvoir. Au-delà de toutes ses bonnes intentions pour le pays, il n’aura été que le continuateur d’un système corrompu à l’extrême et ethniciste, condamnant le pays à la misère, à la régression et le pillage des ressources naturelles, pour nourrir une classe prédatrice insatiable et parasitaire. »

Comme si le troisième mandat d’Alpha Condé a été consommé,  celui qui justifie sa participation aux dernières législatives et sa présence à l’assemblé nationale  par le fait de vaincre ou témoigner suggère un changement de cap dans le combat politique en Guinée. « La seule voie de salut n’est pas de changer d’occupant du palais présidentiel, mais de sortir de ce système qui se reproduit sans cesse, pour le plus grand malheur du peuple de Guinée », prévient-il.