Candidature effective d’Alpha Condé : Fodé Mohamed Soumah pense que « la messe n’est pas dite »

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Le dépôt désormais effectif de la candidature d’Alpha Condé pour la présidentielle du 18 octobre prochain ne laisse pas indifférent l’opposant Fodé Mohamed Soumah. Depuis son séjour parisien, le président du parti GECI (Génération Citoyemmenne) fait une réaction en exclusivité sur Guineenews.

Dans un mail adressé à notre rédaction, le député et vice-président de l’assemblée nationale n’est pas tendre avec le candidat sortant, Alpha Condé. «Après avoir fait durer le suspense pour les néophytes et les naifs politicards, le Président Alpha Condé est à nouveau candidat. Non pas sur la base de son bilan ou les sirènes de son Parti, mais pour les femmes et les jeunes, qui ont été les oubliés des 2 mandats successifs, de la 3ème République », attaque-t-il.

Mais selon Fodé Mohamed Soumah, le candidat sortant n’est pas imbattable. « La messe est dite pense-t’on! Les moyens du pouvoir et le fichier électoral, couplés à la mainmise sur l’appareil administratif suffiront-ils ? Non, tout est encore possible, si l’opposition plurielle se mettait à faire de l’intelligence/science politique. Il suffirait de comprendre pour une dernière fois, à l’instar de l’union sacrée au sein des forces vives, que l’opposition est majoritaire dans le pays », suggère-t-il.

Mais, explique-t-il, «il ne sert à rien de se partager le même électorat, pendant que les Guinéens ont soif de justice sociale, de transparence, de résultats probants, et exigent une répartition équitable de nos richesses.

Surtout que, soutient-il, «les Guinéens pour lesquels le Chef de l’Etat veut rempiler, sont à bout. Ils n’en peuvent plus». Et d’argumenter que « l’amertume ressentie dans son aveu d’impuissance lors de la convention du RPG, montre à suffisance, que nous sommes loin du compte. Même si personne ne peut dire que rien n’a été fait. »

Comment battre Alpha Condé ?

Dans ce document, si Fodé Mohamed Soumah croit dur comme fer que l’opposition peut gagner aux urnes contre Alpha Condé, il précise que cette victoire éventuelle demande des idées. «Notre stratégie gagnante est à double sens. Tout d’abord, s’accorder sur un nom, et partager le pouvoir.Ensuite faire du 18 octobre, une journée citoyenne qui impliquerait tous ceux qui veulent la rupture avec ce système moribond», propose-t-il. Supposant que « le fichier, les artifices et autres manœuvres dilatoires, n’auront pas raison de la sécurisation des voix et des bureaux de vote ».

D’où la nécessité, préconise-t-il, de tirer les leçons du passé «disposer des résultats réels et des PV qui ont été absents lors des Législatives», pour ne pas que l’opposition « ne répète les mêmes erreurs».

Réquisitoire contre le régime

Même s’il avertie sur fond d’accusation que «le rouleau compresseur est en marche. La logistique est déballée, et les moyens mis en exergue. Les candidats fantaisistes font légion. Les Républicains dits de l’opposition plurielle ont rejoint le camp présidentiel. La prochaine cible est l’opposition parlementaire, réunie au sein de l’Alliance Patriotique à déshabiller. Il faut museler la presse. Libérer au compte-goutte, les partisans du FNDC qui sont devenus une monnaie d’échange et un moyen de pression. Divertir les populations à travers une attaque malsaine, dirigée contre nos autorités morales et religieuses, pendant que le processus suit son cours».

Avant de terminer, le député et président de GECI présente que «les gouvernants du moment, sont les seuls « esprits éclairés » à mettre dans la balance, la libération d’une quarantaine de valeureux citoyens, face à la probabilité de voir des centaines de milliers de personnes battre le pavé, avec tout ce que cela comporte de conséquences fâcheuses ».  Et de conclure que « de tout ce qui précède, il faudrait être sourd et aveugle, pour ne pas entendre la colère qui gronde, ni voir la paupérisation se généraliser».