Carnet de route : l’axe Guéckédou – Kondémbadou que du calvaire et des bourbiers

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Ce n’est un secret pour personne que le réseau routier guinéen est défectueux, malgré les efforts du gouvernement à travers le ministère des travaux publics avec des enjeux de taille et des conséquences énormes. C’est le cas de l’axe Kissidougou  Guéckédou – Kondémbadou. Le trafic sur cet axe est d’une importance capitale. Les denrées de forte consommation comme le riz du pays, l’huile rouge, la banane ou le café entre autres en provenance de N’zérékoré qui est sans doute le grenier de la Guinée sont acheminées via cet axe.
Malgré la campagne de réhabilitation et de bitumage des routes lancée par le gouvernement à travers le pays, le tronçon Guéckédou – Kondémbadou reste de nos jours un véritable calvaire pour tous les usagers. De Kissidougou à Guéckédou, votre déplacement se rythme d’une part par le confort sur une route bitumée aux allures modernes et de l’autre par un véritable calvaire ou poussière et bourbiers dictent leur lois et vous ôtent tout envie de voyager. Ce confort sur cette route finit à environ 17 kilomètres à la rentrée de  Guéckédou en provenance de Kissidougou pour se prolonger jusqu’à environ 35 kilomètres vers Macenta avant de retrouver le bien être.
L’ambiance est vraiment très désolante sur ces 52 kilomètres environs. Il vous faudra plus de six heures pour les parcourir. D’autres encore plus selon l’état du véhicule. Le bitume a complètement disparu pour laisser la place à des nids de poules pour ne pas dire nids d’éléphant. Des blocs de pierres çà et là. Les nuages de poussière qui se dégagent sont inhalés sans modération. Et comme si cela ne suffisait pas, des fossés énormes se sont ouverts pour se greffer sur ce décor obstruant complètement le passage par endroit.
Pour les camionneurs et autres gros porteurs, c’est autre chose. Un véritable cauchemar. Il est fréquent de trouver des camions remorques en pannes sur les deux côtés de la route. Certains chauffeurs de camions sont obligés de débarquer leurs chargements sous peine que les produits ne pourrissent car le plus souvent, ces camions sont chargés de bananes ou autres denrées pourrissables.
Interpellé par rapport à la situation, le maire de la commune urbaine de Guéckédou regrette le retard dans l’exécution dudit projet. « Rien absolument. En tout cas jusqu’au moment où je quittais, il y a deux semaines rien à signaler », déplore Désiré Papa L’énorme au bout du fil.
Sur la même lancée, Antoine Kamano responsable d’un quartier riverain de l’axe précise. « Nous avons été à Conakry dans le cadre de ce projet. Il y avait des réticences sur certaines localités. Ces réticences étaient liées aux déguerpissements des citoyens sur les abords de cette route. Nous avons été chargés d’effectuer des sensibilisations des communautés concernées pour qu’il n’y ait pas de problème lorsque les travaux vont démarrer. Techniquement, les travaux n’ont pas encore démarré mais avec l’arrivée de la société, on a les prémisses que ça va bientôt démarrer. Nous, nous avons souhaité lorsqu’on était à Conakry qu’ils fassent les déguerpissements et le reprofilage avant les grandes pluies », précise-t-il.
Faut-il rappeler que des travaux de réhabilitation de cette route Kissidougou – Kondémbadou via Guéckédou sont annoncés mais sans incidence majeur sur le terrain. Alors que la saison des pluies approche en cette région forestière à grand pas, la question dont bon nombre d’observateurs se posent c’est de savoir si les sociétés en charge d’exécution de ces travaux seront en mesure de faire quelque chose avant la tombée des premières pluies ? En tout cas, si rien n’est fait, cette région risquerait de se couper du reste de la Guinée pendant les grandes pluies.
Abdourahamane Barry de retour de Macenta pour Guinéenews©