Carnet de vol : Douloureux départ des supporters et du staff qui accompagnent le Syli à Conakry

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Vendredi 21 juin 2019. Il est 6h00, à Conakry, le rendez-vous est donné aux privilégiés qui ont décroché le fameux sésame pour participer à l’aventure du Syli National de Guinée à l’édition 2019 de football en Égypte.

Au total environ 300 personnes ont été triés par quotas attribués aux cabinets du ministere des Sports.

Les plus chanceux se sont pointés à 10 heures car dans la soirée du jeudi, l’agence de voyage de Bachir a eu le temps de les informer de cette horaire de convocation.

Nous sommes déjà à 11h, l’agitation se lit sur les visages des supporters présents depuis le matin. Aucune information n’est disponible sur horaire de départ. Les cadres du ministère, de la fédération guinéenne du football devant faire le déplacement sont aussi présents. Tous accrochés au téléphone à la recherche de la moindre information sur le départ. Certains se sont d’ailleurs fait parvenir leur déjeuner à l’aéroport.

La salle de l’aérogare fermée, pour y accéder, la consignation de vos documents de voyage est obligatoire.

Aux environs de 14h, le chef de l’agence et ses collaborateurs sont présents munis d’une multitude de liste. À cette heure, s’organise une bousculade entre les sacs de voyages et les instruments de musique des supporters. L’appel de nom et prénoms par le personnel de l’agence libérait peu à peu les voyageurs qui se retrouvaient dans la salle d’enregistrement. « Personne ne rentre. Présent ! Fermer la porte, le comité d’abord ! Non aux journalistes…». Ce sont ces nombreux slogans entendus sur place.

Affaire de famille pour le ministre des sports

Aux alentours de 15h30, les énergies se sont dissipées. Arrive enfin le ministre des sports avec sa femme tous vêtus des couleurs et le ministre du Budget Dioubaté. Cette suite est installée dans le salon VIP de l’aéroport. « Eh ! Bantama Sow est avec sa jolie femme. Il voyage avec elle ! Je ne pense pas. Ah  ! c’est la Guinée », peut-on entendre un petit comité de supporters avec leur tissus Made in Guinea.

Concours de circonstances, Mme Sow est également la DAF (directrice administrative et financière) du ministère du Budget, l’un des départements impliqués dans l’organisation de la participation guinéenne à la CAN (coupe d’Afrique des Nations) au compte de la Guinée. D’ailleurs, son ministre Dioubaté était soigneusement installé dans le Boeing avec son humour habituel se confondant par langage aux autres membres de la délégation.

Le patron de l’agence de voyage est enfin présent. Les nombreuses personnes qui ne se sont pas retrouvées sur les différentes listes énumérées se sont réfugiées sous ses pieds. Très optimiste, il rassure les uns et les autres. « Lavion est suffisamment grand et tout le monde sera embarqué », a-t-il dit avant d’ordonner à son chef d’agence d’écrire sur le dos d’une des listes de passagers les « oubliés ».

Le veto du commandant de bord !

Il est 16h30, l’un des responsables de l’aérogare de Gbessia reçoit une information sur l’agissement de certains supporters a l’intérieur de l’avion. Il est inquiet. On l’observe sa discussion avec les personnels de la compagnie. L’incident est immédiatement maîtrisé. Le processus d’embarquement peut continuer. La liste additionnelle au nombre de 30 au moins est prise en charge par Bachir Haidara.

Les formalités de police de Frontiere étant réglé, un autre souci se déclare. Le commandant de l’avion informe le personnel de l’aéroport qu’il ne peut recevoir de bagage. Parmi le lot de bagage regroupé, ceux du ministre des sports figurent en bonne place. Le choix doit être fait. Voyager et laisser ses bagages. Le patron Haidara de l’agence rassure : « Je ferais embarquer les bagages restant demain samedi ».

Des mots qui ont convaincu les derniers passagers à monter à bord de la 787 d’Ethiopian Airlines destination Égypte.

À suivre…