Cellou Dalein harangue ses militants : « Nous ne pouvons ni reculer ni abandonner »

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Depuis plusieurs mois, la Guinée enregistre des violences dans le cadre de l’opposition d’une frange de la population guinéenne au projet de nouvelle Constitution. Chaque jour, la situation devient de plus en plus inquiétante car les positions se radicalisent davantage, suite notamment aux exactions commises dans certains endroits du pays.

Lors de l’assemblée générale de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) du samedi 25 janvier 2020, le président dudit parti, Cellou Dalein Diallo a demandé à ses militants de poursuivre la lutte car il n’est plus question de reculer ou d’abandonner.

« Cette fois-ci encore je vais vous demander de faire mieux mardi et mercredi prochain, parce que nous ne pouvons pas ni reculer ni abandonner. Le combat, il est noble et exaltant. Il est certes difficile en raison de la répression sauvage qu’il nous ait infligée lorsque nous exerçons ce droit constitutionnel de manifester sur les rues et places publiques. Mais nous ne devons pas abandonner ce pays dans les mains de la dictature. Beaucoup sont morts, beaucoup ont vu leurs maisons détruites, beaucoup ont vu leurs droits violés. Nous n’avons pas le droit de les abandonner. Nous n’avons pas le droit d’abandonner les efforts et les sacrifices consentis. Nous avons l’obligation morale à l’égard des nombreuses victimes, à l’égard de ceux qui ont perdu des biens, à l’égard de ceux qui ont perdu leur intégrité physique. Nous avons le devoir de continuer le combat jusqu’au bout de la victoire. L’essentiel est qu’on puisse continuer avec la même détermination, le même engagement, avec le même esprit de sacrifice », a déclaré Cellou Dalein devant ses militants.

S’exprimant sur ce qui se passe à l’intérieur du pays, le président de l’UFDG accuse le président Alpha Condé d’être le responsable des exactions infligées aux populations de Labé, et l’arrestation de plusieurs mineurs, pour avoir, dit-il, garanti l’impunité aux bourreaux : « Aujourd’hui les militaires,  policiers et gendarmes qui sont à Labé se comportent comme une armée d’occupation, croyez moi. Ils ont incendié les boutiques et magasins, frappé les femmes et les enfants, procédé à l’arrestation des mineurs de 10 ans, aujourd’hui ils sont incarcérés. Il semble qu’ils seront déférés à Conakry. Des enfants de 12 ans. Même une armée d’occupation ne peut pas se comporter comme ça. Sur instruction de qui? De M. Alpha Condé qui garantit l’impunité à tous ceux qui violent le droit de ceux qu’il considère son opposition. Malheureusement, il considère toute une ethnie comme étant son opposition… »

L’autre fait qui a fait mal à Cellou Dalein Diallo, c’est le fait que même les autorités morales ne sont pas épargnées par les forces de défense et de sécurité : « Dans une ville comme Pita qu’on envoie une expédition punitive dans la concession du Khalife casser ses voitures, gazer sa famille et qu’on répète deux semaines après la même chose à Labé. Le pauvre Thierno Badrou qui se bat pour qu’il y ait la paix, pour qu’il y ait l’entente au nom de leur religion, c’est son rôle, on vient le gazer chez lui, dans sa concession. Un homme que tout le monde respecte parce que c’est l’imam, parce que c’est l’inspecteur général de la ligue islamique, parce que c’est un homme de culture, un homme de religion. Ce sont les soldats d’Alpha Condé qui viennent l’agresser, pulvériser sa concession de gaz lacrymogène. »

Plus loin, il affirme que le but visé par les forces de l’ordre en s’attaquant à ces autorités morales, c’est les humilier aux yeux du monde : «  Qu’est-ce que cela signifie ? C’est pour humilier ceux qui les respectent. Humilier une communauté qui a de l’égard pour ses sages, mais une valeur africaine valable bien aussi qu’en Haute Guinée, en Basse Guinée qu’en Forêt. Partout on respecte les sages. C’est le recours lorsque que ça ne va pas. Ce sont eux qui s’impliquent… »

Vu la situation dans laquelle le pays est plongé, le chef de file de l’opposition guinéenne se demande si tout cela n’est pas lié au fait qu’Alpha Condé a d’autres origines que la Guinée : « La question de savoir si c’est vraiment un Guinéen, je commence à penser à cette question. Sur le plan juridique, il est né en Guinée, même si ses parents sont d’origine burkinabé. On ne lui a jamais reproché cela. Les Guinéens ont fait preuve de générosité. La Haute Guinée l’a adopté, on lui a même trouvé un village, c’est Baro. On a dit qu’il est né là-bas, mais c’est faux. Il est né à Boké. Personne, aucun de ses adversaires, ne lui a opposé cela. C’est parce que nous voulons être républicains