Cellou Dalein: «l’organisation des élections ne doit pas dépendre de l’humeur du président»

avril 7, 2018 7:56
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Le leader de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée est largement revenu ce samedi au cours de l’Assemblée générale hebdomadaire de son parti sur sa rencontre avec le chef de l’Etat Alpha en début de semaine et sur les dernières élections locales qui ont suscité assez de remous à Conakry.

S’exprimant sur sa rencontre avec Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo pense que ce fut une bonne décision. « Beaucoup d’entre vous s’interrogent est-ce qu’on a eu raison d’aller rencontrer Alpha Condé parce qu’il est notoirement établi que les engagements qu’il prend ne sont jamais respectés?  Je pense que c’était bon de l’avoir fait dans la mesure où il y a beaucoup de Guinéens de bonne foi qui ont souhaité qu’il y ait une solution négociée à la crise.  Les religieux, les diplomates, la société civile et des représentants de beaucoup d’institutions (…) Nous sommes allés donner encore une chance à Alpha Condé  », a réagi le chef de file de l’opposition.

Poursuivant, Cellou Dalein s’est attaqué à la manière dont Alpha Condé gère le pays. « On ne peut pas gérer le  pays avec le dialogue politique. Nous sommes dans un pays où chaque année, on organise un dialogue politique » a fustigé le leader de l’UFDG. Avant de faire remarquer ceci : « l’organisation des élections ne doit pas dépendre de l’humeur du président de la République. C’est du domaine de la loi. En élisant les gens, en installant les nouveaux élus dans les communes, à l’Assemblée, à la Présidence. On sait que le mandat finit dans 5 ans ou plus ou moins. Mais Alpha Condé n’a jamais organisé à bonne date les élections, il n’a jamais voulu organiser des élections crédibles.»

Il a, par ailleurs, rappelé qu’il a fallu marcher pendant trois ans pour obtenir l’organisation des élections législatives. « Pendant ces marches, 57 citoyens ont été abattus à bout portant par les forces de l’ordre.  Vous connaissez aussi les efforts qu’on a fournis pour obtenir ces élections locales qui devaient se tenir en 2011 », a-t-il souligné en substance.

En plus de la violation de la loi, ceux qui exercent ce droit constitutionnel sont abattus sans que qu’une enquête ne soit diligentée, sans que jamais une compassion ne soit exprimée ou qu’une sanction administrative ne soit prononcée, a dénoncé Cellou Dalein qui s’interroge dans quel pays nous vivons.

« Dès fois, vous vous interrogez quelle malédiction s’abat sur notre pays. Nous avons des dirigeants qui n’ont aucun sens du devoir, qui n’ont aucune volonté de respecter le serment qu’ils prêtent », a enfin fustigé le président de l’UFDG.