Cellou Dalein : « Si les militants de l’UFDG violent la loi…»

mai 6, 2018 2:22
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L’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) a reçu ce samedi 5 mai 2018 la visite d’El hadj Djériba Diaby. Ce dernier était venu parler de paix aux militants et responsables du principal parti de l’opposition guinéenne.

Avant qu’il ne prenne la parole, Cellou Dalein Diallo a d’abord demandé à ses militants de le laisser répondre à son visiteur. Une manière pour lui d’éviter ce qu’avait vécu le ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté au lendemain des élections du 4 février derneir .

Une fois que son hôte a fini de parler, le président de l’UFDG a repris le micro pour le remercier et affirmer que son parti est victime de calomnie : « Les militants de l’UFDG sont des artisans de la paix. Mais il y a une campagne de calomnie contre l’UFDG, visant à présenter notre parti et très souvent son président, comme des violents. Ce n’est pas la réalité. Nous sommes des hommes de paix. Nous nous battons pour que règne la paix. Mais la paix c’est aussi celle du cœur. Un homme frustré, dont les droits sont violés n’est pas en paix. Nous nous battons pour la démocratie et la justice. Nous ne sommes pas contre quelqu’un. Nous sommes contre des actes qui sont contraires aux valeurs que nous défendons, des actes qui sont contraires à la justice, aux droits humains et à l’unité de notre pays. On ne pourra s’entendre que sur la vérité. »

Pour justifier le caractère pacifique de son parti, Cellou Dalein Diallo a rappelé l’attente pendant quatre mois pour l’organisation du second tour de la présidentielle et l’acceptation des résultats de cette élection alors qu’il était, dit-il, le vainqueur. La décision qu’il a prise, dit-il, a permis à la Guinée d’éviter de basculer dans une guerre civile. Puis, il est revenu sur les différents accords signés avec le gouvernement. Des accords, poursuit-il, qui n’ont jamais été respectés.

Poursuivant son invitation, Cellou Dalein Diallo a demandé à El hadj Djériba Diaby de faire le diagnostic de la situation dans laquelle se trouve le pays : « Votre mission est une noble mission. Mais vous ne la réussirez que lorsque vous posez un diagnostic de la situation, connaître les sources de conflits. Parce que lorsque vous voulez la paix, il faut d’abord parler des sources de conflits. Où sont les conflits ? Lorsque vous avez signé un contrat, avec des échéances, avec des engagements précis, si vous êtes un homme digne, vous devez œuvrer pour appliquer votre engagement. Voilà une source de conflit. Lorsque vous êtes président de la République, des citoyens sont abattus dans l’exercice d’un droit constitutionnel, celui d’organiser des manifestations pacifiques, vous devrez vous montrer comme le président d’abord des victimes, faire en sorte que des enquêtes soient menées et que les auteurs soient identifiés et déférés devant les tribunaux conformément à la loi. Si vous ne le faites pas, c’est une source de conflit. »

Parlant de la situation actuelle de son parti, il a expliqué à son hôte combien de fois ses militants sont victimes, en prenant des exemples sur Kalinko (Dinguiraye) et Linsan (Kindia) où, dit-il, ses militants ont été victimes mais que ce sont eux seulement qui sont arrêtés. Donc « une justice à deux vitesses », déplore-t-il.

« Les bonnes volontés, je l’ai dit, nous en avons besoin. Nous voulons que les sages se mobilisent pour restaurer la paix, en restaurant la justice et en faisant en sorte que les lois de la République, que la Constitution de la République soient respectées. Lorsque nous faillons, nous sommes justifiables. Si les militants de l’UFDG violent la loi, ils sont justifiables. Mais il faut que le président soit celui de tous les Guinéens, surtout des victimes » a-t-il ajouté.

Répondant à une autre inquiétude de Djériba Diaby, le président de l’UFDG rassure : « Soyez sûr, lorsqu’on sera au pouvoir, on ne tuera pas nos opposants. Ils ne seront pas tués. Aucun citoyen ne sera tué sans qu’une procédure d’enquête ne soit diligentée et que le coupable soit identifié pour être déféré devant les tribunaux, parce que nous serons le président de tous les Guinéens. J’ai dit à Linsan (Kindia), que ceux qui militent à l’UFDG et qui comptent sur moi pour régler des comptes, il n’y aura pas de règlements compte.  Mon ambition sera de réconcilier les Guinéens  pour qu’on s’occupe de l’avenir. On ne va pas s’occuper que du passé. Il n’y aura pas de règlements de compte parce que ce sont des fils du pays. »