Ces Guinéens qui nous rendent fiers ! Barry Mamadou Spécialiste Senior des Mines à la Banque Mondiale.

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“Brillant ! Intelligent ! Surdoué ! Compétent ! Excellence personnifiée…”, tels sont les superlatifs que l’on associe souvent à Mamadou Barry quand les gens qui l’ont connu professionnellement et socialement parlent de lui.

Un génie académique

Né à Conakry en 1959, Mamadou Barry a fait ses études primaires et secondaires au lycée de Coléah avant d’être orienté après le baccalauréat en géo-mine.

Il fera la faculté des Mines de Boké et après la soutenance avec brio de sa thèse, Mamadou sera affecté au ministère des mines de Conakry au bureau des études. De là, il se lancera dans la recherche, décortiquant les volumineux dossiers délaissés, préparant des rapports et études avec toute l’enthousiasme du nouveau diplômé.

Mamadou Barry qui lisait couramment l’Anglais, attire très vite l’attention des experts étrangers qui l’encouragent a explorer les opportunités offertes aux Guinéens dans le domaine des etudes supérieures à l’extérieur flairant son potentiel.

C’est ainsi que Mamadou postule pour la très compétitive Bourse Halco destinée aux diplômes guinéens pour des études supérieures en Europe et Amérique du Nord. Remportant avec brio (premier du groupe) le concours organisé par la multinationale, Mamadou part faire des études de Master aux Etats-Unis, et atterrit en été 1986 à la prestigieuse Colorado School of Mines (CSM), une des plus grande école des mines au monde. (photo de Mamadou Barry étudiant au Colorado).©

Plusieurs de ses amis ne furent pas étonné de cette réussite. « Mamadou lisait, parlait et écrivait couramment l’anglais qu’il a appris tout seul en écoutant la BBC et en utilisant les livres d’apprentissage alors que le pays était plutôt orienté vers le bloc soviétique et l’anglais n’avait pas la place qu’il a présentement. Quand Halco a fait les tests TOEFL pour les candidats, Mamadou a eu la première place. D’ailleurs, il avait déjà fait le test pour la maîtrise le très difficile GRE avec un score exceptionnel », nous confie Thierno Abdoulaye de Los Angeles, un de ses camarades de promotion.

Une anecdote – racontée par un de ses amis – montrera le degré de confiance et d’ambition du jeune Mamadou Barry : « L’organisme chargé de gérer les bourses d’études des Guinéens demanda aux étudiants quels étaient leurs projets de formation une fois leur diplôme obtenu, Mamadou Barry aurait dit qu’ il voulait faire un MBA (Master of business administration) à Harvard. La conseillère américaine se mît à rire et dit que c’est exclu car non seulement c’est cher mais qu’il ne serait jamais admis. Mamadou Barry rétorqua en lui montrant sa lettre d’admission car il avait passé tous les tests et déposé un dossier en béton auprès de Harvard qui l’avait déjà accepté. La conseillère rougit et dit que compte tenu du budget limité de l’organisme qu’ils ne pouvaient pas financer. En compromis, Mamadou sera autorisé à faire un Doctorat (Ph.D,) à CSM qu’il obtiendra en un temps record en moins de douze mois ! », nous confie ce témoin.

Mamadou « goes to Washington ! »

Après avoir enseigné et fait de la recherche et de la  consultation au Colorado, Mamadou « s’ennuie intellectuellement » et voulait de nouveaux défis. Pour cela, il vise la capitale fédérale américaine siège des grandes institutions. C’est donc en 1993 que Mamadou Barry rentre comme Consultant à la Banque Mondiale. Son travail émerveille tellement les mandarins de la Banque qu’il est immédiatement recruté comme Senior Analyste chargé des mines et du développement.

Le  “workaholic” (bourreau du travail) qu’il est, Mamadou Barry se met à la tâche et impressionne ses supérieurs : des dossiers miniers du phosphate au Maroc, au cuivre chilien, en passant par la bauxite ou par le fer australien, le platine du Congo, les diamants du Botswana, Mamadou Barry décortiquera des milliards de dollars de projets miniers avec une rigueur imbattable pour s’assurer qu’ils sont rentables et peuvent être soutenus par la Banque Mondiale.

La MIGA (l’agence multilatérale de garantie des investissements en anglais – Multilateral Investment Guarantee Agency), filiale du groupe de la Banque Mondiale,  chargée de garantir les risques politiques d’investissements dans le monde des affaires dans les “pays à risque”,  son employeur lui confiera des dossiers de plus en plus complexes : du méga projet minier en Mongolie au copper belt zambien. Le rôle de Mamadou Barry au sein de l’agence était d’évaluer les risques financiers et géopolitiques associés à un projet dans un pays. Pour cela, les compagnies (notamment les multinationales minières) déposent leur demandes de garantie et Mamadou analyse le projet sous tous les angles financiers, environnementaux et stabilité politique avant de faire sa recommandation auprès du Conseil d’Administration de la MIGA. C’est dire que ses conclusions valent leur pesant d’or et les multinationales sont souvent étonnées par la ténacité et la perspicacité de cet analyste « venus de la Guinée » à qui rien n’échappe.

« Nous parlons des centaines de millions de dollars voire des milliards de dollars de projet », affirme un de ses anciens collaborateurs devenu ministre  et qui ajoute : « Tous les projets de Mamadou Barry passaient comme une lettre à la boîte  au Conseil d’Administration car ses dossiers étaient toujours bien ficelés. D’ailleurs, à ma connaissance, aucun de ses projets n’a fait l’objet de réclamation auprès de la MIGA. »

De l’assurance risque au renforcement des capacités

Après plusieurs années à la MIGA, c’est l’autre branche de la Banque Mondiale, la Société Financière Internationale (SFI) qui tape à sa porte et lui demande de s’occuper du financement des projets. Ce qui envoie Mamadou à travers le monde : Afrique, Russie, Philippines, Amérique Latine et Asie …

Mamadou Barry dirige actuellement pour le compte de la Banque Mondiale  – dans un service  global appellé Groupe Global Energies et Industries Extractives – des équipes de projets d’assistance technique minière couvrant les régions en Afrique, Amérique Latine, Océanie et Asie du Sud-Est, ainsi que des initiatives transversales, notamment le renforcement des capacités, la formalisation de l’exploitation minière à petite échelle. Il a sous sa responsabilité des équipes multidisciplinaire de techniciens, analystes financiers, sociologues, environnementalistes, soutiens administratifs qu’il coordonne, évalue et dirige avec brio.

Présentement par exemple, il pilote un projet de 50 millions de dollars pour la gestion des ressources minérales en Tanzanie. Il assiste techniquement les gouvernements du Mali, de la Côte d’Ivoire et du Ghana pour le développement intégré des mines. En même, temps il dirige l’assistance technique minière de la Banque Mondiale en Nouvelle Guinée tout en participant aux rencontres techniques de l’industrie à Toronto, Johannesburg, Bruxelles, Francfort, Belo Horizonte (Brésil) et Sydney (Australie).

Selon des sources concordantes, Rio Tinto lui proposera en 2010, le poste de directeur du projet Simandou, qu’il décline, sceptique de la non viabilité du projet. L’histoire lui donnera raison.

Contributeur régulier des forums miniers de Toronto (PDAC et Energie Mines Conférence), Johannesburg (Indaba) et Sydney (Africa Down under Resources Conference) Mamadou Barry est considéré comme le spécialiste incontournable dans la mise en place des stratégies de développement intégré dans les mines.

N’oubliant jamais ses racines, aux dires de plusieurs cadres, Mamadou Barry a toujours mis son expertise discrètement à la disposition de la Guinée à travers des contacts avec les anciens camarades de classe pour les guider tout en respectant son devoir de réserve et ce chaque fois qu’ils lui demandent des conseils de négociations dans le monde impitoyable des mines.

La force sociale tranquille de Washington

« Discret mais efficace dans l’ombre Mamadou Barry a rendu tellement de services à des gens qu’on ne peut plus compter », dit un de ses compatriotes dans le Washington DC qui le connaît depuis des années. « Chaque fois qu’il y a eu des problèmes auprès de la communauté, il est intervenu. La dernière fois, il a fait une médiation entre les factions de l’Association des Guinéens de Washington, Virginie et Maryland », a déclaré un compatriote de la capitale américaine.

Selon plusieurs sources, Mamadou a coaché plusieurs Guinéens sur des pistes professionnelles. « Mamadou m’a ouvert la voie pour des postes de consultant », déclare une autre spécialiste des mines.

Toujours présent financièrement dans les activités sociales, Mamadou Barry est devenu l’une des forces incontournables et tranquilles de la communauté guinéenne et africaine de Washington et ses environs.

Sam Soumah, ancien président de l’association des Guinéens dans la région de Washington témoigne : « Au-delà de ses multiples occupations professionnelles, Mr. Barry Mamadou a toujours été un activiste dans sa communauté guinéenne de Washington depuis les années 1990 où il a été membre actif de notre communauté dans la région de Washington. Assistant les membres dans les cas sociaux de maladie, de décès et aussi d’insertion des guinéens dans la vie américaine.

Les actions humanitaires de Mr. Barry envers les jeunes guinéens nouvellement venus aux Etats-Unis tout en les conseillant à s’orienter dans les études leur permettant d’acquérir des formations professionnelles pour leur garantir une vie radieuse dans le pays de l’Oncle Sam, n’a jamais fait défaut.

Tout dernièrement, lorsqu’il y a eu conflit et malentendu électoral dans la communauté qui nous a conduit à une division dans notre communauté de Washington, Mr. Barry s’est impliqué en convoquant toutes les parties en conflit en vue de trouver solution à leur différend. Grâce à tous ces efforts,  aujourd’hui  le calme et l’entente sont revenus dans la communauté. En sommes, Mr. Barry n’a jamais croisé les bras en ce qui concerne les problèmes de la communauté guinéenne de Washington. Nous lui en sommes très reconnaissants.« 

Un père de famille comblé

Mari et père dévoué, Mamadou Barry est marié à Anna Massey-Barry, senior manager dans le gouvernement fédéral américain et est père de Karim (ingénieur en optique physique), Binta (dramaturge) et Zeynab (étudiante).

La famille Barry habite dans un quartier huppé au nord de la Virginie  où la maison la moins chère est dans les millions de dollars.

En bon Guinéen, Mamadou s’occupe de sa famille en Guinée et ailleurs, de ses amis, compatriotes voire de parfaits inconnus dans une discrétion qui frise la sainteté de l’avis de tous ceux qui l’ont approché. D’ailleurs, Mamadou vient de faire son devoir de musulman en allant faire le pèlerinage cette année.

Mamadou Barry, un autre exemple pour la jeunesse et la nation guinéenne.

Dans cette série, Guinéenews veut célébrer l’excellence des Guinéens à travers le monde. Si vous connaissez une personne dont le profil pourrait être mise en exergue dans cette rubrique, veuillez nous contacter à : courrier@boubah.com pour considération.