Chasse aux maroquins : la curée enfin ouverte

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Maintenant que le président Alpha Condé a été réélu pour un troisième mandat, à l’issue d’un scrutin controversé, l’heure doit être aux tractations en vue de la formation du futur gouvernement. Une  curée des postes qui n’échappera pas, outre mesure, aux vieilles pratiques  clientélistes et népotiques, quand on a un président, politique jusqu’au bout des doigts.

Alpha Condé promet de sortir des sentiers battus pour ce sextennat qu’il s’est offert au prix de maints sacrifices. Mais comme Saint Thomas, attendons de voir pour croire.

Et la meilleure illustration de cette volonté de rupture, avec cette gouvernance à la godille, sera la physionomie de l’attelage du futur gouvernement, dont la mise en place pourrait se produire au lendemain de la prestation du président, prévue en décembre.

Ce casting gouvernemental déterminera la volonté de renouveau ou pas dans la perspective du sextennat.

En attendant que la fumée blanche ne s’échappe du palais Sékhoutouréa, les nouvelles qui transpirent des allées du pouvoir, sont en porte-à-faux avec les annonces du président. C’est comme si l’on allait encore vers un remake des  gouvernements  de récompense. Car il faut bien gratifier ceux qui ont mouillé la chemise lors de la présidentielle.

Et la récente sortie de Bantama Sow, l’un des porte-flingues du locataire du palais est loin d’être  anecdotique. Quand le ministre des Sports et de la culture déclare de but en blanc que le président ‘’va gouverner avec son parti et ses alliés’’, cela en dit long sur la portée du discours présidentiel au sein de la mouvance. Certains détracteurs du régime voient déjà dans ce propos du ministre, un avant goût d’un travail de sape de cette initiative présidentielle.

En plus des guerres des courants auxquelles le président devra faire face dans le changement de paradigme qu’il compte entreprendre, l’autre goulot d’étranglement qu’Alpha devra surmonter est la politisation à outrance de l’administration publique.  C’est à peine si le parti au pouvoir n’a pas pris les allures d’un parti Etat, qui fonctionne sur fond de marchandage et de débauchage d’opposants. De quoi faire rugir un marchand de tapis.

Dans la perspective de ce remue-ménage gouvernemental, les intrigues et autres coups bas vont bon train dans les allées du pouvoir.  Avec des ministres et autres impétrants en train de se tirer dans les pattes.

Un spectacle dont le président se délecte certainement. Lui qui est un féru de la combinazione. Mais ce mandat de trop, si Alpha veut le réussir, il faudra abjurer avec les pratiques du passé. C’est la seule manière de regagner les cœurs des Guinéens qui, malgré sa réélection, sont nombreux à être revenus de leurs illusions.