Cheick Taliby Sylla fait l’état des lieux du secteur énergétique depuis la période pré-coloniale à maintenant

janvier 7, 2019 4:19

Le ministre de l’Energie et de l’Hydraulique a animé une conférence de presse ce lundi 7 janvier 2019 à Conakry. Il a été question pour Dr Cheick Taliby Sylla de faire un rappel historique de ce qu’a connu la Guinée depuis l’époque précoloniale jusqu’à nos jours, en passant bien entendu par l’ère coloniale.

La rencontre a mobilisé autour du conférencier, le ministre d’Etat, ministre conseiller personnel du président de la République, Tibou Kamara, du ministre de l’Information et de la Communication, Amara Somparé, de son homologue des Travaux publics, Moustapha Naïté, ainsi que des ministres membres du Cabinet de la Présidence de la République, Damantang Albert Camara et Rachid N’diaye.

Dans son exposé, Cheick Taliby Sylla a salué les efforts consentis par les autorités de la première République, notamment à travers la création d’un ministère chargé de l’Energie et du Konkouré. Ce, dit-il pour afficher leur ferme détermination à construire Souapiti, quoique les efforts soient restés vains.

« Toutefois, quelques ouvrages ont été construits notamment, l’extension de la centrale des grandes chutes, la construction des centrales hydroélectriques de Donkéa, de Tinkisso, de Kinkon, de la Loffa et de Samankou à Télimélé, pour une puissance totale de 31,25 mégawatts et 34 mégawatts en énergie thermique pour un total de 65,25 mégawatts », a-t-il entre autres égrené.

Selon Dr Sylla, pendant la deuxième République, la puissance réalisée en hydroélectricité est passée à 87 mégawatts, dont Garafiri avec 75 mégawatts, qui a été réalisée en grande partie par la contribution du peuple de Guinée.

« Une puissance totale en thermique de 82,9 mégawatts a été aussi installée, soit au total 169,9 mégawatts. D’une façon totale générale réalisée au cours des 50 années d’indépendance 235,15 mégawatts », a-t-il mis à l’actif des autorités qui ont géré le pays de 1958 à 2008.

Au sujet de la troisième République, le conférencier a jugé important de signaler qu’à l’avènement du président Alpha Condé à la magistrature suprême du pays en 2010, sur l’ensemble des capacités installées (235,15 mégawatts), n’étaient disponibles que 118 mégawatts sur une demande d’environ 300 mégawatts sur le réseau interconnecté de Conakry.

« A cette époque, 60% de la population de Conakry manquaient de l’électricité. Au regard de ce constat amer de la desserte en énergie électrique de la ville de Conakry, le président de la République a décidé, à travers une volonté politique, de résoudre de façon durable le manque de courant dans notre pays. C’est ainsi qu’il a décidé de faire de l’électrification de la Guinée une de ses grandes priorités par la construction d’infrastructures production, de transport et de distribution du courant électrique. Dans ce constat, il est établi que les centrales thermiques de Tombo 1, 2 et 3 étaient à l’arrêt. D’où la réalisation d’un diagnostic de toutes les centrales thermiques et hydroélectriques et qui a abouti à leurs réhabilitations totales », s’est félicité Cheick Taliby Sylla.

Citant entre autres l’adjonction thermique de 100 MW réalisée à Kaloum 1 avec une capacité de 24 MW, à Kaloum 2 pour  26 MW et Kipé pour 50 MW, et au regard de la lenteur dans la mobilisation du financement du barrage de Kaléta qui était prévue dans le cadre de l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Gambie (OMVG), M. Sylla a indiqué que le président de la République a décidé de réaliser le barrage par la Guinée, tout en gardant son caractère intégrateur de la sous-région.

« Toujours, dans sa volonté manifeste de garantir la fourniture de l’énergie électrique à la Guinée en vue d’amorcer l’industrialisation de notre pays par la transformation des richesses de notre sous-sol, dès le lendemain de sa prestation de serment pour son second mandat, il a procédé le 22 décembre 2015 au lancement des travaux de l’Aménagement Hydroélectrique de Souapiti pour une capacité de 450 MW. Aujourd’hui l’avancement des travaux est fort appréciable avec un taux d’exécution des travaux à plus de 70% (volet GC) », s’est-il réjoui.

A en croire le ministre Sylla, la mise en service de Souapiti avec son réservoir de 6,3 milliards de m3d’eau bonifiera le barrage de Kaléta en lui permettant de fonctionner en régime permanent et en toutes saisons.

« En aval de Souapiti, il y a l’aménagement hydroélectrique d’Amaria pour 300 MW en BOT, dont les travaux ont été lancés le 19 janvier 2018. La réalisation de ce barrage permettra d’alimenter en énergie électrique, la mine de TBEA pour la transformation de la bauxite en alumine et en aluminium sur place », a évalué l’orateur.

Toute chose qui a fait dire à Cheick Taliby Sylla que l’arrivée de Souapiti avec 450 MW en 2020 augmentera la puissance installée par la 3ème République à près de 1 000 MW  en moins de 10 ans, soit une installation en moyenne de en moyenne 100 MW par an.

« Ce qui fait sept fois plus de puissance que la 1ère République et deux fois plus de puissance que la 2ème République. Le tout dans trois fois moins de temps avec 26 ans pour Sékou Touré et 24 ans pour le général Lansana Conté », a-t-il conclu.