«Chemin de fer Conakry-Bamako, nouvelle compagnie aérienne, une ville médicale et l’assainissement», des grands projets annoncés par Hady Barry

0
1394

Ce vendredi 21 août, le secrétaire général du ministère de la Coopération Internationale et de l’Intégration Africaine, Dr. Hady Barry a accordé un entretien à un groupe de journalistes dont Guinéenews pour parler de certains projets que son département a négociés pour le bonheur du peuple de Guinée.  Il s’agit entre autres  de  la construction du chemin de fer Conakry-Bamako, la création d’une nouvelle compagnie aérienne, la construction d’une ville médicale et l’assainissement de tout le pays.

A l’entame, Hady Barry a rappelé que son département est chargé de mobiliser les fonds à partir de l’extérieur et de les mettre à la disposition des ministères sectoriels.

«C’est dans ce cadre, il y a une société allemande, l’une des plus performantes au monde dont je tais le nom pour ne pas faire de publicité pour elle, qui s’est engagée afin qu’on les aide pour qu’elle puisse entrer en contact avec les ministères concernés notamment les Transports, celui des Investissements Publics-Privés pour financer entièrement la totalité du projet Conakry-Bamako qui pourrait coûter 8 milliards 500 millions de dollars américains. Selon la société, ce montant est disponible et qu’elle entend venir discuter avec les autorités guinéennes pour mettre en route rapidement ce chemin de fer. Si ce projet est réalisé, l’impact économique traversera toute la Guinée. Avec ce chemin de fer, le fret malien se situerait à moins de 1 000 km de la Guinée. Or aujourd’hui, les Maliens, soit ils sont obligés passer par le port de Dakar qui se trouve à près de 1 500 km. Sans compter qu’il y a beaucoup de projets miniers à l’intérieur du pays qui n’ont pas pu commencer parce que le gouvernement guinéen souhaiterait que l’acheminement de ses minerais se fasse par les voies ferrées, il y a plus de sécurité mais aussi, avec les rails on pourra combiner ou alterner le transport des minerais et voyageurs (…). Le projet est en train d’être facilité grâce à l’entremise du ministère de la Coopération et de l’Intégration Africaine», a-t-il annoncé.

Et de poursuivre : «un autre projet vise lui  la création d’une nouvelle compagnie aérienne, nous savons que ce besoin est crucial. Il s’agit des investisseurs arabes qui sont attendus en Guinée au plus tard au début de la semaine prochaine. Ils ont demandé à notre département de faciliter leur rencontre avec les ministères concernés. Ils veulent venir à Conakry avec un financement conséquent. Ils sont prêts à créer une nouvelle ligne qui va desservir les grandes villes de la Guinée notamment N’Zérékoré, Mamou, Kankan, Labé, Faranah (…). Il s’agit des avions de 150 personnes au maximum. Cela va faciliter la mobilité des Guinéens et il aura un impact positif sur le développement économique du pays. Cela, c’est à court termes, à long terme, l’objectif, selon les investisseurs, est qu’ils cherchent un pays en Afrique de l’Ouest où s’implanter. Il sera question de créer une base où il y aura une compagnie forte pour les 17 pays de la CEDEAO. D’après leurs études, l’Afrique de l’Ouest est mal desservie. Par exemple, si tu veux aller au Burkina Faso, t’es obligé de faire assez d’escales. Ils pourront employer plus de 1000 personnes et le chemin de fer, quant à lui,  pourrait employer plus de 4 000 personnes», a-t-il vanté.

Dans le même sillage, Hady Barry a affirmé la création d’une ville médicale en république de Guinée : « il y a  des partenaires arabes qui ont fait des études sur l’évacuation sanitaire. Les pays de l’Afrique de l’Ouest dépensent par an des centaines de millions de dollars pour évacuer des malades sur la France, le Maroc, la Tunisie, les Etats-Unis, l’Espagne (…).  Leur objectif, c’est de venir créer un hôpital international. En fait, ce n’est pas un hôpital, c’est une ville médicale qui sera exclusivement dédiée à soigner les citoyens et à faire des recherches. Ils ont même prévu la construction d’une faculté de médecine qui sera jumelée avec une autre faculté de médecine qui se trouve aux Etats-Unis. Elles auront les mêmes professeurs, les mêmes programmes, les mêmes instruments de recherche. Au lieu d’envoyer les jeunes médecins qui sortiront des universités africaines pour se former à l’étranger, ils viendront directement en Guinée », a-t-il déploré.

Puis d’ajouter : « Il y a certains pays frères qui voulaient que ces investisseurs s’installent chez eux  mais grâce à nos relations, nous avons discuté et nous les avons convaincus que la Guinée est un pays propice qui fait frontière à six pays. Finalement, ils ont accepté et ils viendront. Cette ville qui sera dédiée à la santé est un investissement de plus d’un milliard de dollars américains. Les entreprises guinéennes pourraient y travailler à savoir main d’œuvre qualifiée et non qualifiée. Mais au lieu que les pays africains payent les billets, se décarcassent pour trouver un visa, trouvent le prix de soin à l’étranger lorsqu’ils ne sont pas assurés à l’étranger, comme il y a une intégration au niveau de la CEDEAO, les peuples n’ont pas besoin de visa pour aller d’un pays à un autre, ils ont l’intention de créer cette ville médicale en Guinée où les malades peuvent venir, ils vont mettre des avions spéciaux qui vont chercher des malades  dans les pays, les emmener et les soigner. Tout cela grâce au leadership du chef de l’Etat Alpha Condé».

Un autre projet très important annoncé par Hady Barry, c’est l’assainissement de nos villes de la Guinée y compris la capitale, où le problème d’insalubrité se pose avec beaucoup plus d’acuité.

«Ce problème est devenu lancinant, tel qu’on n’arrive pas à le régler définitivement. Pourquoi, c’est parce que nous collectons et nous déplaçons des ordures d’un point A à un point B et d’un point B à un point C. C’est dans la nature de l’homme de produire tous les jours des déchets. Si les déchets ne font que s’accumuler, il faut trouver une solution ultime qui est la transformation de ces déchets. Pour qu’il y ait moins de déchets, il faut que les déchets produisent de l’argent. Il y a une société qui est implantée à Accra et qui aujourd’hui, ceux qui ont visité Accra peuvent témoigner que cette ville est propre. Leur représentant est à Conakry, très bientôt, nous allons organiser une rencontre pour qu’elle expose sa méthodologie. On m’a fait comprendre qu’avec ces déchets, on peut construire une usine qui va produire de l’électricité. Cette énergie sera vendue à l’EDG  qui va l’injecter dans ses  lignes de distribution. Cela apporte de l’argent et avec ces mêmes déchets, ils disent qu’ils peuvent fabriquer du pétrole qu’on pourrait utiliser. C’est une source de revenus. Avec les mêmes déchets, ils disent qu’ils peuvent fabriquer des tôles pour couvrir nos maisons. C’est une autre source de revenus, mais surtout  qu’ils vont former plus 4 000 jeunes à la gestion des déchets (…) », a-t-il expliqué.

Plus loin, Hady Barry a indiqué que le gouvernement a créé une banque nationale d’investissement. «Nous sommes en train de voir à l’étranger comment on peut trouver des  partenaires qui vont accepter d’être actionnaires, afin que nous puissions développer ce pays.   Nous sommes en politique, il est important de mettre tous ces projets à la disposition de la presse. Si dans six mois, vous ne voyez pas un début des travaux, vous pouvez nous interpeller. Tout se passera dans la plus grande transparence parce que nous sommes en train de travailler pour le peuple de Guinée. C’est la plus petite portion de notre dispositif de mobilisation des fonds», a-t-il précisé.