Cinq morts d’accident de moto à Mamou : le constat de la gendarmerie routière, comme si vous y étiez !

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La fête aura été tout sauf belle à Mamou. C’est le moins qu’on puisse dire au regard de la tragédie routière qui s’est produite lundi 25 mai aux alentours de 18 heures alors que les populations, surtout les jeunes, étaient encore dans la fièvre de l’événement.

N’eussent été le coronavirus et l’état d’urgence sanitaire en vigueur, le lendemain de fête est traditionnellement plus animé que le jour même de la fête. C’est comme si, par consentement tacite on en avait fait le moment consacré pour l’ambiance et les rencontres  festives. Cela est assez marqué en moyenne-Guinée, notamment. C’est peut-être dans cette euphorie que se trouvaient les cinq malheureuses victimes de cet accident mortel.

Le chef d’escadron Amadou Issa Diallo, commandant de la compagnie sécurité routière de Mamou  nous relate ici les circonstances exactes du drame : « cet accident de moto, grave et malheureux, s’est produit dans notre zone de contrôle, précisément dans la localité de Dansa, sous-préfecture de Tolo, au PK 17 sur la nationale n°5, Mamou-Dalaba.

C’est la moto TVS non  immatriculée, pilotée par le sieur  Aliou Kibily Diallo avec deux passagers en  partance pour Mamou, qui est rentrée en collision avec la Baotian C 4819 de Thierno Alhassane Diallo qui quittait Mamou pour se rendre vers Dalaba avec trois passagers.

Pendant le trajet, alors qu’ils abordaient un virage, Aliou Kibily Diallo conducteur de la TVS se déporte sur sa gauche et vient heurter violemment Thierno Alhassane Diallo, (élève) pilote de la moto Baotian, qui roulait dans son couloir, parfaitement à sa droite.

Les engins étaient lancés à pleine vitesse, les passagers en surnombre des deux côtés ne portaient pas de casque. Le choc a été frontal et très violent et les deux motos et leurs passagers  sont restés immobilisés sur le point de choc, comme scotchés. Le bilan a été lourd : cinq personnes dont une femme ont trouvé la mort sur place. Un blessé a été enregistré qui a été évacué à l’hôpital régional de Mamou. Son état ne semble pas préoccupant. Quant aux dégâts matériels, ils sont importants sur les deux motos.

Toutes ces victimes sont des jeunes. Mon service a dressé leur liste que voici:

I-                   Victimes mortelles :

1-    Bintou Condé âgée de 30 ans ;

2-    Thierno Aliou Diallo, 20 ans ;

3-    Hamidou Diallo, 14 ans ;

4  Thierno Alhassane Diallo (motocycliste en herbe),  15 ans ;

5-    Aliou Kibily Diallo (motocycliste), 25 ans

II-                Blessé :

1-    Ismael Diallo  »

Le chef d’escadron Amadou Issa Diallo marquera ses profonds regrets de voir des jeunes à la fleur de l’âge périr ainsi, du fait des accidents. A son entendement, cela constitue une perte incommensurable pour les familles et pour le pays. Pour réduire ces effets désastreux qui impactent l’avenir, il y a lieu dira-t-il, d’inviter les parents et responsables à tous les niveaux, à conjuguer les efforts pour garantir à nos enfants une éducation et un encadrement suivis et corrects. Les seules voies qui les préparent au civisme et qui se traduisent à la fin, par un profond respect des lois et règlements en vigueur. En somme, c’est l’école du bon citoyen en devenir.

Il n’y a pas à douter, soulignera le chef d’escadron Amadou Issa Diallo, que cette tragédie soit le fruit d’une conjonction de facteurs en porte-à-faux avec la réglementation. Il y a par exemple, le défaut de casque protecteur, l’excès de vitesse, la surcharge, la circulation à gauche, le non respect du décret portant état d’urgence sanitaire, pour ne citer que ces infractions là.

L’on pourrait aussi évoquer la précocité à pratiquer l’activité de taxi moto. Quand on pense que le pilote de l’un de ces engins n’avait que 15 ans et qu’il est, hélas, mort dans l’accident !

S’il est exigé que l’on ait un permis de conduire moto, comme c’est le cas pour les autres véhicules, cela va sans dire qu’on doit être plus qu’un simple adolescent pour entreprendre ce métier. Il faut, pour s’y adonner,  remplir des critères de base reposant sur une compétence professionnelle, de la responsabilité, donc de la maturité. Le tout sur un socle solide de bonne formation et de grande expérience.

Pour clore notre entretien, notre interlocuteur nous dira, poursuivre les enquêtes en vue de dresser un procès-verbal de cet accident mortel, à l’intention de monsieur le Procureur de la République.