Circulation routière : encore trois morts et quatre blessés dans un accident, à N’zérékoré

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Les populations de Nzérékoré sont à nouveau confrontées à une tragédie routière, avant même qu’elles aient séché leurs larmes et fait leur deuil suite à l’accident de l’autocar survenu samedi dernier à la sortie de la ville, avec un bilan de 05 morts et des dizaines de blessés.

Il s’agit cette fois, d’un accident qui s’est produit jeudi 17 janvier, aux alentours de 19 heures 20 mn, dans la  sous préfecture de Kobela, précisément à Nyè, au PK 36 de Nzérékoré.

L’adjudant-chef Robert Saoromou chef du service constat de la compagnie sécurité routière de Nzérékoré nous apprend que c’est une camionnette de marque Kia, immatriculée GF 5834 A, en provenance de Yomou pour Nzérékoré qui a fait un recul à la remontée d’une colline.

Ledit véhicule venait du marché hebdomadaire de Yomou qui se tient tous les jeudis. Il était en surcharge de passagers et de bagages. Un cas typique de transport mixte où les personnes embarquées sont assises sur les marchandises et bagages. Pour ce cas précis, le chargement comprenait de nombreux fûts d’huile rouge. On comprend aisément ce qui peut arriver aux occupants de la carrosserie lorsqu’un tel véhicule se renverse. Quand ce qui est en haut se retrouve en bas!

Le chef du service constat ajoute que Roger Maomou, le conducteur à qui on reproche un manque d’entretien technique de son véhicule, a mal négocié la montée de celui-ci. Il a utilisé une vitesse faible qui ne pouvait pas lui permettre de finir la côte. C’est lorsque le régime du moteur s’est nettement affaibli qu’il a voulu rétrograder. C’était peine perdue. Aucune vitesse ne pouvait passer à ce moment précis. Le moteur s’éteint toujours, inévitablement. Ce qui explique que le véhicule ait reculé, dévalant le flanc abrupt de la colline avant de se renverser plus bas sur son côté gauche. Trois passagers ont aussitôt trouvé la mort alors que quatre autres ont été blessés, dont deux grièvement.

L’adjudant-chef Robert Soaramou n’en revient pas de l’explication que lui a fournie le chauffeur pour expliquer son accident. Une explication qu’il trouve assez inattendue, voire étonnante. « Mais, bon !», dira-t-il, « nous gendarmes, sommes habitués et formés à tout entendre. Pour assurer leur défense, les auteurs d’accident ne manquent pas d’imagination. Tous les arguments sont bons. Comme le dit l’adage, on fait feu de tout bois.

Monsieur  Roger Maomou conducteur du Kia prétend que  la responsabilité de son accident incombe en partie à ses  apprentis qui ne sont pas descendus à temps pour caler le véhicule ! Nous ne commentons pas sa déclaration.»

Dans ce cas de figure et au risque de nous répéter, les explications fournies par le chef du service constat sont plausibles et notre expérience dans le domaine nous conduit à confirmer  que le chauffeur a manqué d’anticipation quant au choix du rapport de vitesses à utiliser à la remontée d’une colline, surtout quand le véhicule est très chargé. Ce qui est bien souvent le cas, dans nos contrées en rase campagne, surtout à l’occasion des marchés hebdomadaires.

Tout conducteur avisé doit toujours utiliser la vitesse la mieux adaptée qui soit pendant une remontée. Cela lui évite de tenter l’impossible qui consiste à vouloir rétrograder lorsque le régime moteur est affaibli. Une manœuvre qui s’est toujours avérée vaine.

Pour ce cas précis, la fatigue probable du chauffeur après une journée harassante et une conduite sur route carrossable en mauvais état, peut avoir contribué à réduire sa capacité de jugement, ses réflexes et son évaluation exacte des risques.

Ces facteurs ne sont pas limitatifs. On peut y ajouter le mauvais état technique du véhicule, comme l’a d’ailleurs souligné la gendarmerie,  la panique qui pourrait s’être emparée du chauffeur après l’extinction du moteur et le dévalement de la pente raide, à reculons.

A noter aussi que les camionnettes‘’Kia’’, à tort ou à raison et malgré leur grand nombre dans la région, ont mauvaise réputation à cause des nombreux accidents dans lesquels ils sont régulièrement cités.

Mais, serait-ce eux le vrai problème ou leurs utilisateurs?