Circulation routière: quand un policier de faction dans un carrefour trouve la mort des suites d’accident

novembre 7, 2018 11:33
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C’est bien ce qui s’est produit hier matin aux environs de 11heures au carrefour Tombolia, dans la commune de Matoto. L’adjudant Siba Béavogui en service au commissariat spécial de la sécurité routière de ENTA était planifié pour la régulation de la circulation en cet endroit. C’est en plein exercice de sa mission qu’il a été mortellement atteint en deux temps. Il a d’abord été heurté dans le dos par un premier véhicule au système de freinage défectueux, indique-t-on. Et pendant qu’il était au sol sous l’effet de la projection, est arrivé le second qui lui a roulé dessus. La nature des lésions n’a laissé aucune chance de survie à la malheureuse victime qui meurt, en service commandé, comme soldat au front, à l’âge de 43 ans.  Le corps a été transporté à la morgue du CHU Ignace Deen,  en attendant l’enterrement prévu mercredi au cimetière de Cameroun. (photo d’archives)

D’ores et déjà, le Département de la Sécurité, la Direction Nationale de la Sécurité Routière, les commissariats spéciaux de sécurité routière de la capitale et l’ensemble des personnels de la corporation se sont amplement mobilisés pour la gestion de ce douloureux événement qui frappe la grande famille de la police nationale. Il s’agit de rendre un vibrant hommage à celui qui a donné sa vie pour que les autres soient mieux protégés dans la circulation.

Les populations ne sont pas en reste dans cet hommage. Sur les lieux de l’accident, l’indignation des témoins accourus après les faits est restée perceptible, des heures durant. La vive réprobation devant ce drame que seule l’imprudence a pu causer, est sur tous les visages. Pour contenir tout cet émoi, la police a placé un cordon de sécurité pour protéger les lieux et garantir la sécurité des présumés auteurs. Les centaines de personnes présentes sur les lieux ne manquaient pas d’invectives et de hargne pour qualifier l’acte commis par ces deux automobilistes, retenus dans un premier temps au commissariat central de Dabompa.

Le code de la route est formel : quand un usager aperçoit un agent canalisateur de dos ou de face, le langage qui lui est ainsi adressé est clair et universel. Il doit obligatoirement s’arrêter. Et lorsque la distance de sécurité entre les véhicules n’est pas suffisante, il y a peu de chance que le suivant évite un danger qu’aurait causé le premier. De même, il est recommandé de toujours ralentir pour aborder une intersection, de bien entretenir son véhicule et de rester prudent en toutes circonstances .

Il faut dire que ce drame est en soi un véritable paradoxe. Quand un agent de la sécurité routière meurt des suites d’accident de la route pendant qu’il est dans l’exercice de ses fonctions, cela donne à réfléchir. On se convainc que nul n’est à l’abri.

Nous n’allons pas rouvrir des plaies. Mais des souvenirs douloureux et assez poignants nous remontent à la mémoire. Les cas de l’adjudant-chef Aly Compo, de la protection civile qui officiait brillamment au carrefour Tombo, du lieutenant Séré Mamady Kourouma ex commandant de la brigade mobile et du brigadier-chef Yaya Boiro, à l’époque, en poste au carrefour Sangoyah, sont à évoquer. Ils sont tous morts pendant qu’ils régulaient la circulation.

Nous les citons avec peine et regrets. Hélas, ils ne sont pas les seuls.  Des gendarmes de la routière font également partie de ce macabre égrènement.

Vivement, que cela s’arrête ! Pour une meilleure protection des usagers que ces victimes ont mission d’assurer.