Circulation routière : quelques définitions s’imposent

février 27, 2019 1:29

Que nous arrive-t-il ? Où allons-nous? Ces questions pourraient être celles à se poser, face à ce développement fulgurant de l’automobile qui au lieu de nous servir, semble plutôt nous asservir.  Nous devenons de jour en jour les esclaves de cet ‘esclave technique’ conçu et fabriqué par l’homme pour assouvir ses besoins. Des comportements ahurissants sont cités pour l’attester. Tel monsieur lave sa voiture, mais jamais, (oh, sacrilège)…. son enfant !  Tel autre, placé devant le choix préfère carburer son véhicule avant d’assurer… même la popote journalière ! Un humoriste féru de conduite automobile a d’ailleurs dit que l’homme moderne met autant d’amour propre que d’essence dans son véhicule. Gare à celui qui  par inadvertance  érafle la peinture d’un carrosse lustré. Il est dans de beaux draps et passe un mauvais quart d’heure. C’est crime de lèse-majesté. Ce qu’on lui fait subir est pire que s’il avait insulté, frappé ou spolié le propriétaire. Le plus souvent vous rencontrez des gens fort aimables qui vous disent bonjour, pour ajouter aussitôt : « et la voiture » ? Les questions en rapport avec la famille viennent après. Ce phénomène sociétal est assez troublant. Il se  complique avec l’apparition d’un autre comportement à risque que sociologues et autres anthropologues expliqueraient mieux. De plus en plus les usagers sont tentés de banaliser l’automobile au point de ne plus en avoir peur. A leurs yeux,  se presser pour traverser une rue ou attendre un tant soit peu pour laisser passer un véhicule est assimilé à un manque de ‘civilisation’. Ils assimilent le véhicule à un ami dont on ne peut pas s’inquiéter, un seul instant. A Conakry, une expression assez illustrative traduit l’état d’esprit d’une bonne frange de la population.  Sa traduction de la langue locale pourrait donner ceci : si le véhicule n’a pas d’yeux,  son conducteur en a.  Ce type de raisonnement, à la limite de la bêtise, explique la fréquence des accidents contre piéton.

Qu’est ce qu’un homme de 70 kg, voire plus, peut gagner dans un choc contre une tonne d’acier? L’un est fait de chair et d’os, l’autre de métal. L’homme doit être très prudent pour se prémunir des risques que l’automobile peut lui faire courir.  Mieux vaut en tenir compte et rester indemne que s’entêter et le payer de sa santé ou pire, de sa vie !

L’automobile reste un outil merveilleux au service de l’homme, tant qu’elle est utilisée avec soins, en respectant les règles fixées par le constructeur et celles prescrites par le code de la route.  Ne pas en tenir compte fait courir des risques.  Notre cher ami et bon compagnon, notre complice de tous les jours, (l’automobile) devient alors une arme contre nous-mêmes et contre les autres. Ne nous leurrons pas, nous allons beau « aimer » notre véhicule et en prendre grand soin, il restera toujours une machine et sera capable du pire contre nous.

Pour mieux comprendre l’interaction entre l’homme et le véhicule, un couple inséparable qui conditionne toute idée de circulation, nous citons une réflexion extraite de ‘Lois humaines, lois physiques’ :

« On entend par véhicule automobile, tout moyen de transport par terre, ainsi que tout matériel mobile, agricole ou industriel.

Véhicule sans moteur : les cycles

Véhicule avec moteur : cyclomoteurs, motocyclettes, véhicules automobiles.

Que signifie au juste le mot conduire ? C’est avant tout une histoire de couple. D’un côté, l’homme avec ses yeux, son cerveau, son intelligence, ses connaissances, ses réactions, sa capacité de réflexion. De l’autre : le véhicule avec sa mécanique, sa puissance, son obéissance aveugle et imbécile. L’un sans l’autre, ils ne sont pas grand-chose. Sans conducteur le véhicule n’est plus qu’un amas de ferraille, incapable de se mouvoir seul. L’homme sans véhicule n’est plus guère capable que de se déplacer à 7ou 8 km/ heure. Une fois associés, ils forment un couple étonnant ! L’homme c’est le cerveau, le véhicule ce sont les muscles. L’homme commande, le véhicule obéit ! Un côté, «la tête et les jambes avec un soupçon de l’aveugle et le paralytique». C’est la volonté de se mouvoir qui les rapproche. L’homme se transforme en « conducteur » en s’asseyant derrière un volant. L’auto devient automobile. Dès qu’elle se met en mouvement. En entrant dans cet univers du mouvement, l’un et l’autre se soumettent à des règles spécifiques. »