Climat politique délétère en Guinée: Dr Ousmane Kaba incrimine l’action «nocive» de certains partis

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A l’occasion de la célébration en différé du deuxième anniversaire du Parti des Démocrates pour l’Espoir (PADES) ce samedi 16 février 2019, son président, le Dr Ousmane Kaba a réuni dans la salle Malick Condé, située dans l’enceinte de son université, les militants et sympathisants du parti et l’essentiel du gotha politique guinéen. Entre autres leaders présents à cet événement, il y avait Sidya Touré de l’UFR, Bah Oury de l’UFDG-Renouveau, Mamadou Diawara du PTS, Dr Faya Millimouno du BL, des représentants de l’UFDG, du PEDN, de la GECI, de l’UPG, etc.

Ainsi, saisissant l’occasion, la Coordinatrice nationale du PADES, Mme Djéné Dioubaté a salué l’engagement des militants du parti et le combat de son président depuis la création dans des conditions difficiles. Ensuite, elle s’est réjouie de l’obtention par le PADES de 84 conseillers sur l’ensemble du territoire lors des élections locales. Et ce, en dépit des « vols massifs » dont a été victime sa formation politique. Poursuivant, la coordinatrice nationale a résumé les priorités du PADES en trois axes: éducation, développement économique et l’agriculture.

A sa prise de parole, sous des salves d’applaudissements des militants et sympathisants, le Dr Ousmane Kaba a remercié «tous les leaders et représentants des partis politiques et des organisations de la société civile» pour leur déplacement à l’occasion de l’an 2 de son parti.

Dans un discours au vitriol, le président du PADES a  abordé le phénomène de l’insécurité et ainsi que les défis actuels auxquels la Guinée est confrontée. «Les Guinéens ne se sentent plus en sécurité, ils ont peur du lendemain. Le marasme s’est installé, l’incertitude s’est généralisée avec le sentiment que l’on ne sait plus où on va », a fustigé Dr Kaba. Poursuivant, il dira que « ce sentiment d’insécurité est loin d’être une hallucination collective [mais plutôt] la conséquence des dures réalités objectives du moment dans notre pays ».

Le Dr Ousmane Kaba a ensuite énuméré les défis de la Guinée qui se traduisent essentiellement par le manque de croissance économique, de citoyenneté, par l’inefficacité dans la lutte contre la pauvreté et le chômage des jeunes, dans la gestion publique qui impliquent l’éthique administrative et la formation d’un Etat fort mais juste et impartial, par le déficit démocratique ou encore la non-participation aux grands mouvements de notre temps.

C’est pourquoi estime le Dr Kaba que «devant les impasses, les déceptions, l’indifférence voire les échecs qui ont souvent mené à nombre de revendications existentielles légitimes des Guinéens, il paraît nécessaire et urgent, de nous (partis politiques) impliquer  afin de repenser en profondeur la perception que nous avons de notre pays et de son devenir».

Revenant sur la situation politique guinéenne, il dira que « (…) Dans notre pays, la confusion politique est à son comble. Les alliances se nouent et se dénouent de la manière la plus attendue et souvent la plus paradoxale ». Le président du PADES impute cette responsabilité aux intellectuels dont le « désintérêt à la chose publique, par crainte ou par attentisme, laisse le champ libre au travail souterrain de clans plus dévastateurs pour notre pays qu’une pandémie. La situation à la fois nébuleuse et contrastée du climat politique guinéen est due à l’action nocive de certains partis politiques».

L’ancien ministre de l’Economie invite les leaders politiques «à prendre conscience d’une tragique réalité [car] la Guinée est victime de l’image qu’elle se donne: notre nation est décriée et présentée comme un pays en état de décomposition avancée».

Enfin, martèle Dr Ousmane Kaba : « nous sommes en face d’un pouvoir aussi inapte de combler  les attentes du peuple que d’épouser  l’esprit de notre temps, un pouvoir qui s’avance à tâtons et en désordre dans ce siècle de la mondialisation, sans idéal et sans aucune autre conviction que son maintien aux affaires».