CNT 2010 : le regard critique de Baadiko sur la non-limitation d’âge « faite en faveur d’Alpha Condé »

janvier 21, 2019 7:23

Une conférence-débat axée sur la Constitution s’est tenue ce weekend, à Conakry. La rencontre a mobilisé, autour des organisateurs, plusieurs entités dont des acteurs politiques du pays.

Dans son intervention, le président de l’Union des forces démocratiques a porté un regard plutôt critique sur la Constitution adoptée par le Conseil national de transition le 7 mai 2010 et qui a conduit à la présidentielle ayant fait élire l’actuel président de la République pour la première fois.

« Une constitution doit être faite pour le peuple et ne pas être fabriquée pour un individu. En 2010, le CNT n’a pas voulu toucher au problème de la limite d’âge puisque ça allait empêcher le professeur Alpha Condé d’être candidat. Donc, on a fait un texte pour lui », a révélé Mamadou Bah Baadiko.

Comme du berger à la bergère, la réaction ne tardera pas de venir du camp d’en face. Pour le président de la Majorité présidentielle à l’Assemblée nationale, Amadou Damara Camara, qui a eu le privilégie d’être membre du CNT qui faisait office de Parlement et qui est à la base de cette  Constitution, cette Constitution a été rédigée dans le but de faire retourner les militaires dans les garnisons.

« Il fallait rapidement obtenir quelque chose pour mettre une tête au pays. Ensuite, ce qui était symptomatique au CNT, c’est que nos magistrats, nos juristes étaient tous des militants ou des militants potentiels qui ont fait ce papier. On doit débattre de notre Constitution. D’abord c’est un mode de société que nous empruntons d’ailleurs ».

Citant en exemple la constitution américaine, le parlementaire Damaro a déclaré que celle-ci a été amendée 27 fois. « Alors qu’on est accroché ici comme par maladie au nombre de mandats. Mais pour moi, la vraie possibilité donnée au peuple de choisir ses dirigeants, c’est ça la démocratie et non le nombre de mandats. Aujourd’hui dans notre constitution, c’est vrai dès qu’on en parle, on pense déjà à un autre mandat. Mais la réalité est que nous avons eu énormément de difficultés même pour faire ces élections à cause de cette Constitution », a fait remarquer le président du groupe parlementaire RPG Arc-en-ciel.