Commissaire Sékou 2 Touré: «les consignes de notre direction générale ont permis d’améliorer la circulation pendant ce Ramadan»

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C’est connu, la physionomie de la circulation routière subi une profonde mutation pendant le Ramadan. Les causes tiennent du bouleversement que la pratique du jeûne entraîne dans la vie au quotidien. En général, de nouvelles habitudes naissent qui modulent le comportement des uns et des autres et influencent la circulation dans son déroulement au quotidien. Les allers-retours pour le travail, la famille, les affaires, le social… tout change ou presque. D’où les embouteillages, les encombrements et autres tumultes qu’on observe partout, à travers la ville, surtout aux heures de pointe, lorsque tout le monde est sur le chemin du retour à la maison.

Devant tant de gêne que les usagers rencontrent ou subissent pendant cette période, le département de la sécurité a réagi pour faciliter au mieux la circulation. C’est ainsi que la direction générale de la police nationale a déployé au niveau des commissariats spéciaux de sécurité routière, tous les personnels disponibles des CMIS (compagnies mobiles d’intervention et de sécurité), des commissariats centraux, des commissariats urbains et des postes de police de la capitale. Ces effectifs ont pour mission de renforcer la police routière afin de rendre la circulation fluide pendant tout le mois de Ramadan, y compris le jour de la fête et le lendemain. Des instructions fermes sont données pour éviter les embouteillages, les accidents et toutes formes de tracasseries.

Ces dispositifs sont déjà opérationnels dans toute la capitale et, de l’avis de bon nombre d’usagers, le moins qu’on puisse dire est qu’ils s’avèrent efficaces et sont bien accueillis par les populations.

Pour en savoir plus, nous avons fait le déplacement jusqu’au commissariat spécial de la sécurité routière de Sonfonia, situé au centre émetteur, non loin du carrefour cimenterie. Le commissaire spécial, Sékou 2 Touré, nous accorde cet entretien.

Guineenews : bonjour commissaire. Pendant ce mois saint de Ramadan, les autorités ont pris des dispositions allant dans le sens de rendre la circulation plus fluide, au profit des usagers qui pratiquent le jeûne. Parlez-nous de ces dispositions et dites-nous comment vous les mettez en œuvre dans votre zone de compétence.

Commissaire Sékou 2 Touré : nous avons effectivement reçu des consignes de notre hiérarchie nous enjoignant de faciliter les mouvements des personnes pendant le mois béni de ramadan. Cette disposition de grande envergure a été favorablement accueillie par les populations dans notre zone. Pour sa mise en œuvre, des effectifs en provenance des CMIS (compagnies mobiles d’intervention et de sécurité), des commissariats centraux, des commissariats urbains et même des postes de police ont été mis à la disposition de tous les commissariats spéciaux de sécurité routière de la capitale. Une façon de dire que c’est une mobilisation générale de tous les effectifs de la police pour venir en appui à la sécurité routière. C’est la preuve aussi de tout l’intérêt que nos autorités accordent à notre secteur. L’objectif étant de permettre aux citoyens de circuler en toute quiétude et en toute sécurité. Nous sommes dans la phase d’exécution de ces consignes dans notre zone de compétence.

Guineenews : sans vouloir vous demander un bilan, ce qui du reste est prématuré pour l’instant, on peut néanmoins savoir à quel premier résultat vous avez déjà abouti, dans la mise en œuvre de cette instruction ?

Commissaire Sékou 2 Touré : en quelques jours, l’application des consignes données a rapidement fait ses effets sur le terrain. Nous avons noté que la circulation est devenue plus fluide qu’avant. De même les accidents ont sensiblement baissé.

Guineenews : ah, oui, c’est très éloquent comme résultat ! A votre avis, comment tout cela s’explique-t-il ?

Commissaire Sékou 2 Touré : ce résultat, très positif, a été obtenu grâce à la présence effective sur le terrain, des policiers en nombre très significatif, qui sont déployés à tous les niveaux, surtout aux intersections et autres points noirs habituels. A l’approche de ces endroits, habituellement encombrés et embouteillés, ils sont disposés en jalonnement. Ils ont l’ordre d’empêcher tout arrêt intempestif, tout dépassement défectueux ou circulation en double ou triple file. Ce dispositif s’est avéré très dissuasif. Il empêche la commission d’infractions à l’origine des embouteillages, surtout au niveau des ronds-points. Les consignes de notre direction générale se sont avérées très payantes. Les renforts mis à notre disposition ont effectivement permis d’améliorer la circulation.

Guineenews : Tout a l’air de bien se passer autour de vous, dans la circulation. Serait-ce l’exact reflet de la situation que vous vivez en permanence ?

Commissaire Sékou 2 Touré : honnêtement non !  Vous savez, il n’y a pas d’œuvre humaine parfaite. Dans l’application stricte des consignes de notre hiérarchie, nous relevons quelquefois des infractions que commettent des usagers, malgré l’allègement qui leur est concédé en termes de contrôle. C’est par exemple le non-respect des voies de circulation, le non port du casque protecteur, les pannes intempestives en pleine circulation, les arrêts non justifiés et une tendance à l’intolérance entre usagers qui font fi des principes de la conduite défensive, etc…

Guineenews : tous les commissariats spéciaux de sécurité routière de la capitale sont unanimes à reconnaitre l’utilité de ces dispositifs mis en œuvre pendant ce mois de ramadan. Malheureusement leur échéance se limite au lendemain de la fête. Qu’allez-vous faire des acquis engrangés ?

Commissaire Sékou 2 Touré : vous me posez-là une question très importante. L’application de ces consignes pendant le mois de ramadan nous a été très bénéfique. Non seulement nous avons appris de nouvelles méthodes de travail, mais nous avons consolidé les liens de franche collaboration avec les autres unités de police de la capitale. Ce qui, à nos yeux, est un facteur de cohésion et de renforcement de la synergie d’action entre les services qui visent le même objectif : assurer la sécurité des personnes et leurs biens. Nous allons tout faire pour conserver les acquis engrangés sur le terrain pendant cette période de ramadan et les traduire en comportement quotidien, pour davantage de succès dans toutes les missions que notre hiérarchie voudra bien nous confier.

Guineenews : après ce volet spécial consacré aux dispositifs mis en place par les autorités de la police nationale pour ce mois de ramadan, nous allons faire plus ample connaissance avec vous.  Votre commissariat est le dernier né des Commissariats Spéciaux de Sécurité Routière de la capitale. Voulez-vous nous le présenter ?

 

Commissaire Sékou 2 Touré : oui, avec plaisir ! Notre commissariat a été créé le 16 mars 2009 dans l’intention de décentraliser et consolider davantage la sécurité routière. Les autorités ont voulu rapprocher la routière des citoyens et renforcer l’efficacité des services. La zone de compétence de notre commissariat commence sur la route Le Prince, à partir des rails de Friguia à Soumanbossiya (Ratoma) jusqu’à Kéitaya,(Dubréka) après la T10. Sur la corniche nord, en partant de la T7 à Sonfonia, jusqu’au carrefour dit KPC à Lambanyi. Pour le côté sud, ce sont les rails de SBK qui servent de limite entre nous et la routière de ENTA. Nous abritons beaucoup d’écoles, d’universités, d’usines et de grands marchés. De même, nous sommes une zone de résidence à forte densité de population. Ce qui explique l’intensité des problèmes de circulation que nous gérons en permanence.

Guineenews : parlez-nous de ces problèmes

Commissaire Sékou 2 Touré : nous ne pourrons les énumérer tous ici. Ils se subdivisent en plusieurs volets. Nous commencerons par le comportement des usagers chez lesquels nous retenons la méconnaissance du code de la route qui se manifeste par des séries d’infractions : le non-respect des signaux des agents, la circulation en triple file, le non port du casque protecteur, la surcharge et l’insécurité de passagers, les stationnements gênants, etc.

Nous avons aussi des problèmes avec l’état de la route. C’est le cas à la T6 et la T5 où les ronds-points connaissent une dégradation poussée.

Pour le cas des marchés qui était très préoccupant, il n’y a pas encore longtemps, en raison des embouteillages qu’ils occasionnaient, une solution est en train d’être trouvée avec l’appui des services compétents qui ont mis des glissières en béton armé pour délimiter la chaussée à Enco 5 et à Sonfonia.

Nous citerons également le manque d’entretien des véhicules et le stationnement abusif des camions le long de la chaussée, surtout sur la route Le Prince. Ce qui est à l’origine de certains ralentissements et même parfois des accidents.

Guineenews : au début de notre entretien, vous nous avez rassurés du bon usage que vous ferez des aspects positifs résultant de la mise en œuvre des consignes données par les autorités pendant le mois de ramadan. Cela traduit votre souci de qualifier sans cesse votre personnel. Est-ce à dire qu’il n’y a aucun reproche à leur faire, dans leur action de tous les jours sur le terrain ?

Commissaire Sékou 2 Touré :   je vous réponds tout de suite, non !  Les agents sont avant tout des êtres humains. Ils ne sont pas sans défaut. Leur formation vise à les améliorer sans cesse et sur tous les plans. Comme dirait l’autre, l’homme est perfectible à l’infini. Dans tout groupe d’individus, il y a des bons et des mauvais. Notre corporation, de par la mission qui lui est dévolue, ne doit avoir en son sein que des hommes de qualité morale, civique et professionnelle avérée. Nous sommes formés en éthique et déontologie pour être des modèles en toutes circonstances. Malgré cela, il ya lieu de noter que l’idéal n’étant pas facile à obtenir, certains d’entre nos personnels n’agissent pas toujours dans le sens des consignes données.  C’est ainsi qu’on nous rapporte souvent des cas de tracasseries par des agents indélicats. Ils embêtent les usagers, leur retirent de l’argent ou des documents pour disparaitre aussitôt, s’arrêtent en groupe devant le véhicule formant ainsi ce qu’on appelle le barrage humain, retirent violemment les clés des engins en marche, s’habillent mal et n’hésitent pas à entrer en conflit verbal ouvert avec les usagers, etc.… Autant de comportements que notre hiérarchie interdit formellement et sanctionne sévèrement. Pour atteinte à l’image de l’institution.

Guineenews : en pareil cas, quelles sont les voies de recours pour les victimes ?

Commissaire Sékou 2 Touré : tout usager qui se considère victime d’abus de la part d’un agent a des voies de recours à sa portée.  Sur le terrain même, il peut en référer à trois gradés basés au carrefour : le chef de brigade, le coordinateur, le commandant. S’il n’a pas gain de cause, il y a le commissariat où se trouvent l’adjoint et le spécial. Tous ceux-ci constituent des voies de recours. Nous affirmons donc, qu’en cas de nécessité, la justice est toujours rendue par nos services.

Guineenews : un mot de fin, commissaire ?

Commissaire Sékou 2 Touré : au nom de notre département, la Direction Générale a pris cette heureuse initiative et a instruit l’ensemble des services de police de la capitale à la mettre en œuvre immédiatement. Cela a contribué à améliorer la circulation pendant ce mois de ramadan. Certes, tout n’est pas aussi parfait qu’on le voudrait. Mais, les efforts des autorités pour faciliter la circulation aux citoyens sont à saluer. A ceux-ci de mesurer la portée de la disposition prise en leur nom pour adopter en retour un comportement des plus convenables qui soient, dans la circulation. Chaque citoyen, chaque usager doit faire l’effort de toujours respecter les règles du code de la route. C’est ce qui permettra de garantir à tous, une meilleure circulation.

Je voudrais terminer en remerciant les autorités et les partenaires de terrain de notre zone de compétence : (commissariat central, hôpitaux, commune, quartier, syndicat, union et les nombreux citoyens de bonne volonté) pour le précieux appui qu’ils nous apportent dans l’accomplissement correct de notre mission.

Guineenews : je vous remercie, commissaire.

Entretien réalisé par Diao Diallo pour Guineenews