Conakry : 102 cas de viols enregistrés entre février et décembre 2020 (gendarmerie)

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Le viol des jeunes filles, parfois des fillettes de 2 ans fait rage à Conakry et environs. Ce, malgré les différentes implications des organisations de la société civile en vue de freiner la pratique.

Selon les statiques de la Brigade spéciale de protection des personnes vulnérables (BSPPV), 102 cas de viol sur des filles dont l’âge varie entre 2 à 19 ans, ont été enregistrés entre février et décembre 2020.

«Du mois de février au mois de décembre 2020, nous avons traité 102 cas à Conakry. Mon service seulement a traité 78 cas d’agression sexuelle », a rapporté l’Adjudant-chef, Bernard Tinguiano, commandant de la BSPPV, précisant que sur ces 78 cas, 46 ont été déférés devant les tribunaux de Dixinn, Mafanco, Kaloum et Coyah.

«L’âge des victimes varie entre 2 à 19 ans ; et celui des présumés violeurs entre 16 et 40 ans », précise-t-il.

Sur les autres cas de viols traités, le commandant de la BSPPV indique qu’il y des filles qui ont été violées dans des taxis : « Les autres cas traités, vous verrez que le violeur n’a pas été interpellé pour diverses raisons. Souvent, la victime ne reconnait pas le violeur parce qu’on a reçu des cas où la fille a été prise par des inconnus. Parfois, le violeur n’a pas été identifié par la victime ou il a été identifié mais continue à courir. On a deux taxis garés dehors ici. Ce sont des spécialistes de viol dans les véhicules. Ils prennent les filles la nuit. Quand ils arrivent dans les coins, ils les violent.»

Le voisinage entre violeurs et victimes de viols étouffe souvent certaines affaires de viol, selon l’Adjudant-chef, car c’est souvent une affaire de cousins : « Le violeur est souvent un proche de la famille de la victime. Voilà pourquoi beaucoup de cas de viols sont étouffés par les familles. Ou des fois quand ils sont devant nous,  tu verras que c’est le cousin qui a violé ou c’est un neveu, un ami à la famille. Il y a des familles qui pensent que mettre ça à la belle étoile c’est une atteinte à la dignité de la famille. Donc, aujourd’hui c’est la grosse difficulté qu’on a. Il y a des familles qui ne coopèrent pas, mais comme en matière d’infraction, le désistement ne met pas fin à l’action pénale, nous à notre niveau nous continuons la poursuite et nous déférons le présumé violeur déféré au parquet

Le patron de la BSPPV pense que la coopération des familles est nécessaire pour réduire les cas de viols, surtout sur les petites filles.