Conakry – Accident mortel de Cosa : tout ce qu’il faut en savoir

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Accident mortel de Cosa, Conakry ce lundi 20 avril 2020. Diao Diallo/Guineenews.

Le bilan de cette catastrophe est des plus terribles qui soient. La police routière annonce cet après-midi : six (06) morts parmi lesquels deux femmes dont une en état de famille; trois (03) blessés dont deux (02) dans un état grave ; sept (07) véhicules tous des taxis (voir épaves dans le parc fourrière du commissariat) et deux (02) motos entièrement détruits,  pour la plupart,  parce que ayant été écrasés par le camion,  dans son élan incontrôlé.

Selon le commissaire spécial de la sécurité routière de Bambéto dont c’est la zone de contrôle, cette tragédie est survenue lundi aux environs de 20 heures, sur la route ‘’Le Prince’’, non loin de l’endroit communément appelé ‘’camp carrefour’’,  en direction de Cosa.  Il indique que le sieur Mohamed Sylla, âgé de 28 ans, au volant de son camion Renault semi remorque, a quitté le port autonome avec un chargement de deux conteneurs de 20 pieds à destination de Gomboya, dans la préfecture de Coyah. Il a roulé sans encombre jusqu’au lieu de l’accident.

A cet endroit précis, nous dit le commissaire Moussa Camara, la circulation formait une longue file à l’arrêt, s’étendant jusqu’au carrefour Cosa. Un phénomène assez habituel dans la zone à cette heure de pointe qui  amène la police routière à dispatcher la circulation au grand carrefour situé quelques centaines de mètres plus loin, en aval. Le sens Bambéto-Cosa était bloqué au profit de celui Nongo- Tannerie.

Surpris sans doute par cet état de fait qui se présentait de manière inopinée devant lui, le conducteur qui roulait à bonne allure depuis Koloma, a fait recours à ses freins. Hélas, ils n’ont pas ‘’obtempéré’’ à ses multiples sollicitations. Au même moment, le ‘’monstre’’ ne faisait que rouler. Et les lois de la physique, inéluctables en pareilles circonstances d’entrer en jeu sans tarder: la déclivité du terrain, l’énergie cinétique du camion et son inertie due à son poids initial et à son chargement. Tous ces éléments combinés se sont ajoutés à la réaction toute humaine du jeune conducteur, mis en face d’un danger imminent. Une telle combinaison de phénomènes psychologiques produit toujours une intense charge émotionnelle aux effets déstabilisants. L’effet de surprise, la panique et l’inexpérience qui s’y ajoutent viennent compléter le tableau dévastateur qui perturbe absolument le conducteur au point de lui faire perdre le self-control requis en pareilles circonstances. Un état d’esprit que même les conducteurs les plus chevronnés ont de la peine à conserver en des circonstances similaires. Ces réflexes ne s’apprennent pas dans un cours théorique de conduite automobile.

C’est ainsi donc, précise le commissaire Moussa Camara, que le camion a échappé au contrôle de son conducteur. Il a alors littéralement heurté et écrasé tout ce qu’il y avait devant lui en ce moment de grande affluence. Une vraie hécatombe à cette heure de pointe ! Les taxis à l’arrêt avec passagers à bord, les motocyclistes, les piétons (passants ou vendeurs ambulants), rien ni aucun n’a été épargné. D’où le lourd bilan enregistré.

A noter que le gros camion a fini sa course à quelques mètres du commissariat urbain de police situé dans l’enceinte de la SIVITA, du côté droit de la chaussée.

Cette autre catastrophe routière mettant en cause les gros camions à Conakry et partout ailleurs sur le territoire national, relance la problématique de la visite technique, maintes fois annoncée, mais jamais suivie d’effet. Les centres agréés ne fonctionnent qu’à dose homéopathique. C’est comme s’ils n’existent que pour le décor. Rien ne va à leur niveau, déplorent sans arrêt les fondateurs et prestataires de ce secteur, pourtant essentiel à la sécurité routière et à l’environnement! Ils sont comme plombés dans leur évolution, malgré les textes qui les fondent.

Pourtant, un tel contrôle, s’il était effectif aurait pu déceler cette défectuosité du système de freinage de ce camion, évitant ainsi la survenue de cet accident avec tout ce lourd bilan qui en a résulté. Ce semi remorque n’aurait pas été habilité à circuler et à transporter des marchandises à partir du port autonome, avec tous les défauts qu’on lui aurait probablement trouvés.

Mais, tout n’est cependant pas perdu. Comme un signe annonciateur de bon augure, le camion est allé se ‘’réfugier’’ dans l’enceinte d’un vieux projet d’aménagement de centre de visite technique. D’un point de vue de rêveur optimiste, cette présence insolite donne à penser qu’elle exprime un souhait de voir renaître le contrôle technique automobile effectif dans le pays. Au même moment le camion dans sa posture semble ‘’suggérer’’ qu’il passe dès maintenant ledit contrôle, car il se sent  malade de partout et reste incompris de son propriétaire qui l’utilise à outrance, sans aucun bilan ou check-up!