Conakry: après Kaporo rails, les bulldozers entrent en action à Kipé 2 sous le regard impuissant des occupants

mars 12, 2019 4:11

Après Kaporo Rails, Kipé 2 tombe. Ce mardi 12 mars 2019, les maisons s’écroulent les unes après les autres dans ce quartier de la commune de Ratoma, sous le regard impuissant de leurs occupants. Garages, gargotes, boutiques, ont été rasés par les caterpillar du génie militaire.

Des lits, chaises, des fauteuils, des valises, des congélateurs, des habits attachés dans des pagnes sont posés çà et là. Pendant que le caterpillar démolit la maison, des jeunes cherchent à arracher le portail de la cour, d’autres s’occupent à charger les affaires dans une camionnette.

Des curieux, des garagistes, ou même des propriétaires des maisons en démolition, observent la scène de destruction de leurs biens, des économies amassées des années durant s’écroulent en un rien de temps. Ils n’ont que leurs yeux pour pleurer.

« J’habite ici depuis plus de trente ans. C’est ma maison que j’ai construite après durs labeurs qu’on est en train détruire comme ça sous mes yeux », dit un père de famille qui, heureusement, a où aller habiter, puisque détenant d’autres concessions dans d’autres endroits.

« Ils ne nous ont même pas permis de ramasser tout ce qu’on dans la maison », affirme-t-il, désespéré.

Les voisins ont eu plus de chance. Puisque pendant qu’on démolit nos maison, ils ont pu ramasser leurs affaires dans la leur.

«On devrait donner au moins le temps aux gens de déguerpir d’une façon humaine, mais pas de cette manière. Parce que nous sommes des Guinéens. Nous ne sommes pas des étrangers ici », explique un autre qui s’affairait à enlever les portes et fenêtres de sa chambre, des fils électriques, etc.

Djenabou Diallo qui  habite depuis 33 ans sa maison, confie avoir eu à mettre ses bagages, mais pas où rester. Elle ne sait plus quoi faire.

Récemment, ces habitants de Kipé 2 avaient porté plainte au tribunal de Dixinn afin que la justice annule la décision de déguerpissement de la zone qu’ils jugent illégale. Malheureusement pour eux, ils ont perdu cette ultime bataille judiciaire et se sont vus condamner par la justice au paiement de 500 millions GNF à l’Etat.

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