Conakry : Des journalistes formés sur la santé sexuelle de reproduction

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Les 18 et 19 mars, 20 journalistes venus de Conakry et de l’intérieur du pays ont bénéficié d’une formation sur les droits en santé sexuelle de reproduction  (DSSR), notamment la question de l’avortement.

Pendant les deux jours, les participants ont suivi des thématiques liées aux concepts de santé de la reproduction en général et aux avortements en particulier ; les conséquences des avortements, leur prise en charge, mais aussi leur contexte légal en Guinée.

A la fin de cette formation, les participants ont fait quelques recommandations à l’endroit des autorités guinéennes, notamment la révision de la législation guinéenne en matière de DSSR (la dernière date de 2000) pour adopter les textes aux réalités actuelles, l’introduction des programmes d’éducation sexuelle dès le secondaire, la vulgarisation des articles du code pénal sanctionnant le viol.

 « Ces deux jours nous ont permis de comprendre beaucoup de choses. Lors de cette formation nous avons été directement confrontés à nos propres valeurs, la manière dont nous nous comportons face à des situations, l’opinions que nous pouvons avoir face à certaines situations sans même qu’on se rende compte que cela est dû à des valeurs que nous avons épousées depuis très longtemps.  Là, nous avons regardé les DSSR non pas en tant que journalistes, mais sur le prisme des valeurs que nous avons presque tous en commun », a souligné Amadou Korka Bah, porte-parole des participants.

Quant à MFassouma Sanoh, Directeur exécutif de l’Association guinéenne pour le bien-être familial (AGBEF), a affirmé que la Guinée a beaucoup à faire sur les droits en santé sexuelle de reproduction : « Notre pays a beaucoup de choses à faire dans ce domaine car parler de la santé de la reproduction c’est parler de la santé de la mère, du nouveau-né, des jeunes, des adolescents, des hommes. Qu’on soit médecin, journaliste, agriculteur, commerçant, tout le monde est concerné. »

L’autre thématique évoquée par le Directeur exécutif de l’AGBEF, c’est l’avortement en Guinée : « Les jeunes filles sont actuellement confrontées à certains nombres de problèmes. Prenez juste le concept avortement parmi tant d’autres. […] Ces avortements se passent dans des conditions de santé complètement dépassées dont les conséquences se résument aux maladies, à l’infertilité voire même à la mort. Parmi nous ici, les 95% savent ce que c’est un avortement clandestin. Vous savez combien de filles ont perdu leurs vies dans les quartiers, dans des cases, dans des villages en voulant s’avorter non pas dans les mains d’un médecin, mais dans les mains de n’importe qui. Alors qu’est-ce qu’il faut faire ? »

Pour rappel, en Guinée, l’avortement est interdit. Selon la L10 du 10 juillet 2000 portant sur la santé de la reproduction, l’avortement n’est autorisé que lors que la vie de la mère est gravement menacée ; les grossesses précoces, provenant du viol, d’inceste et d’affections graves de l’enfant à naître. Si l’avortement est autorisé par le collège des médecins spécialistes, il n’y a aucune sanction pénale.