Conakry, future capitale africaine du livre ? Alpha Condé s’y engage

avril 23, 2018 2:05
0

L’événement Conakry, capitale mondiale du livre a pris fin dimanche 22 avril 2018 au Palais du peuple. C’est le président de la République qui a officié la cérémonie de clôture en présence des ministres, des présidents des institutions républicaines, des représentants des missions diplomatiques et consulaires accréditées en Guinée ainsi que de nombreux autres invités.

Dans son discours de circonstance, Alpha Condé a tout d’abord exprimé sa gratitude à l’endroit de l’ensemble des partenaires qui ont aidé à relever ce défi d’une extrême importance pour le peuple de Guinée. Non sans exprimer son penchant pour un autre challenge.

«Nous allons faire en sorte qu’à l’instar de Ouagadougou, d’Abidjan, de Bamako, de Dakar ou de Brazzaville, que Conakry soit la capitale africaine du livre. Le gouvernement prend cet engagement», a rassuré le chef de l’Etat qui se montre conscient des préalables à faire pour réussir ce combat.

«(…) . Si nous voulons être la capitale africaine du livre, faut-il permettre à tous les guinéens d’avoir accès à la culture, à la lecture, pour cela, au Commissariat, il a manqué une chose : ce sont des livres en langues nationales. Parce que la majorité de notre peuple n’a pas accès à la langue française. Si nous voulons donc que la lecture se développe, il faut que nous fabriquions les livres en langues nationales. Car, les citoyens maitrisant très bien leurs langues, s’ils ont l’alphabet, il leur est facile d’avoir accès aux écrits les plus compliqués et aux sciences».

La deuxième chose, poursuit-il, c’est de mettre en valeur la culture artistique. «Au moment où les pays africains demandent le retour en Afrique des objets d’art qui ont été spoliés, ce n’est pas normal que nous fassions une année culturelle à Conakry sans penser à mettre en valeur l’art guinéen, particulièrement l’art Baga. Nous savons l’importance de la culture Baga au niveau des maques. Car, pour ceux qui ne le savent pas, les masques Baga sont célèbres que les masques de fée au Nigeria. Il est donc normal que dans le cadre de cette bataille faisant de Conakry la capitale africaine du livre, qu’elle soit aussi l’occasion de mettre en valeur la culture artistique de la Guinée.»

Les griefs d’Alpha Condé

Depuis le 23 avril 2017, la capitale guinéenne était au centre des activités mondiales du livre. Durant un an, l’on a assisté à des rencontres d’échanges entre auteurs et lecteurs, des table-rondes, des dédicaces de livre, des inaugurations de point de lecture et  des séances de lecture, entre autres. Ce qui est déjà reluisant en termes d’acquis. Mais, le président Alpha Condé fait remarquer une certaine défaillance au niveau de cette organisation.

«Vous avez parlé de Keita Fodéba. Qui ne connait pas Keita Fodéba en Afrique ? Il aurait été plus correct d’avoir ici aujourd’hui un portrait de Keita Fodéba. Car, qui parle de culture et d’art en Guinée, ne peut pas ne pas parler de Keita Fodéba», rappelle Alpha Condé.

Toutefois, le chef de l’Exécutif guinéen se réjouit de l’avènement de Sékouba Kandia Kouyaté à la tête de l’Ensemble instrumental et choral de Guinée. Chose qui, estime-t-il, pourra aider le pays à renouer avec son glorieux passé.

«Nous savons, à partir des années 48 comment les Ballets ont rayonné, relevés ensuite par les Ballets nationaux de Guinée qui ont émerveillé le monde entier. S’il est bien que nous ayons des chanteurs modernes, il est extrêmement important que la Guinée renoue avec son passé historique. La première République a permis un grand développement de la culture, de l’art et du sport. Je suis fier aujourd’hui de voir qu’un enfant de ces précurseurs, le fils de Kandia, soit à la tête du Ballet national», s’est-il félicité.

Après la ville polonaise de Wroslav en 2016 et Conakry en 2017, le flambeau a atterri ce lundi 23 avril dans la capitale grecque d’Athènes où les projecteurs littéraires seront allumés jusqu’au 22 avril 2019.