Conakry : lancement d’une formation des taxis-motards pour lutter contre les manip et violences politico-sociales  

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Prémunir les jeunes taxis-motards contre la manipulation et les violences politico-sociales, c’est la tâche à laquelle les autorités guinéennes et des partenaires au développement comme l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la population) s’attellent actuellement dans certaines parties du pays. C’est dans ce cadre que le « projet d’appui à la réduction de l’instrumentalisation et des violences politico-sociales des jeunes taxis-motards », a été lancé ce mercredi 14 octobre à Conakry.

Il s’agit d’un projet d’une durée de 18 mois qui concerne 225 participants repartis en groupe de 45 personnes. A la commune de Matoto où une cérémonie a été organisée à cet effet, nous avons constaté la présence des représentants des conducteurs de taxis-moto venus de différentes zones de la commune, mais pas seulement. Il y avait aussi des agents de la police routière et également des représentants des partis politiques en lice pour la présidentielle du 18 octobre. Sans oublier des représentants des ministères impliqués dans le projet.

A cette occasion, le Conseiller emploi-jeune au ministère de la jeunesse, a planté le décor. « Il y a eu des études dont les résultats ont montré que les taxis motos jouent un grand rôle dans nos communautés. Mais également, un élément important, c’est que la plupart des conducteurs sont jeunes. Il y a une véritable culture de la violence. Or, face à cette culture de la violence, il faut le dialogue, il faut la compréhension, il faut la tolérance. C’est ainsi que dans la priorisation des problèmes, nous avons voulu qu’il y ait plusieurs acteurs. Les jeunes, les services de sécurité, les départements ministériels, tous les citoyens se mobilisent avec l’appui de nos partenaires, pour que notre commune, pour que la Guinée soit un havre de paix. La question fondamentale, c’est la violence (…), le véritable défi, c’est la culture de paix qui doit être opposé à la culture de la violence », a interpellé Moussa Condé.

A propos du projet, Abdoul Aziz Diallo, son coordinateur à l’UNFPA, explique qu’il s’agit : « d’une initiative du gouvernement guinéen et qui a commencé depuis un moment ». Puis d’ajouter : « aujourd’hui, on est réuni autour des foras communautaires qui s’organisent à Conakry, dans chaque commune. Simultanément, il y a les mêmes activités dans la commune de Ratoma et dans la commune de Dixinn. »

Poursuivant, il indique : « il a été décidé, vu l’implication des autorités de lancer ces foras communautaires à la commune de Matoto. Les foras communautaires, c’est pour présenter tous les problèmes qui ont été déjà soulevés lors de l’enquête de perception, des focus groupe afin de les prioriser et de trouver des approches de solution. La suite de cela, la mise en place des cadres de concertation dans les différentes communes pour amener tous les acteurs impliqués dans cette activité de motos taxi à se parler, avoir un espace de discussion… Le projet va soutenir l’organisation des différentes réunions du cadre pour que l’Etat aussi s’en approprie et utilise cet instrument qui peut devenir très fort, vu la composition mais aussi sa mission… »

S’exprimant au nom du conseil communal, le maire de la commune exprimera toute sa satisfaction non sans revenir sur certaines préoccupations. Pour Mamadouba Tos Camara, les taxis motards sont une opportunité et mais aussi, des problèmes pour la communauté. Parce que, dénonce-t-il, il y a parmi eux des ‘’individus malintentionnés’’. Mais aussi, confirme le maire, « en période électorale, ils sont instrumentalisés et utilisés pour des fins politiques ».

A noter que, selon les organisateurs, ce projet qui comporte trois volets (sensibilisation, la formation et le plaidoyer) peut soulager les autorités qui sont souvent submergées par la multitude des problèmes dans les communautés.