Conakry : l’élection de la section syndicale du BMOP réveille les démons de la division à l’USTG

janvier 17, 2019 2:34

L’atmosphère était tendue ce jeudi 17 janvier à l’occasion de l’élection de la section syndicale du BMOP (Bureau de la Main d’œuvre  Portuaire) à Kaloum. Le scrutin s’est déroulé sous la haute surveillance des forces de l’ordre.

Face à la présence de deux factions toutes issues de l’USTG, respectivement dirigée par Abdoulaye Sow et  Abdoulaye Camara, les forces de l’ordre n’ont pas permis au groupe du premier d’assister à l’élection du bureau présidée par la Directrice générale du PAC (Port Autonome de Conakry).

Devant les forces de sécurité, Abdoulaye Sow, le secrétaire général de l’USTG parle d’une entrave à la liberté syndicale. «C’est extrêmement grave ce que nous vivons aujourd’hui», s’est-il plaint.

« C’est nous qui avons mis en place la section syndicale du BMOP bien avant même notre congrès. Aujourd’hui, il semblerait qu’il y a certaines personnes soutenues par le gouvernement qui se réclament la paternité. Vous avez constaté le déploiement massif des services de sécurité pour nous empêcher d’y accéder. Ils sont le syndicat du gouvernement, les forces de sécurité sont de leur côté. C’est inacceptable de déployer un dispositif sécuritaire impressionnant pour une élection sociale. Je suis outré que le gouvernement se mêle des affaires syndicales.

Les officiers de police et de la gendarmerie qui sont présents sur les lieux nous ont confié qu’ils ont reçu cet ordre de haut lieu qui nous ignorons. Sincèrement, il y a une main noire derrière qui nous empêche de prendre part à cette élection des travailleurs dont la plupart sont avec nous. Ce syndicat du gouvernement a, en sa guise, l’Inspection Générale du Travail. Les travailleurs veulent faire un choix libre des gens qui peuvent les défendre conformément à la loi. Nous allons bientôt réagir à ce comportement antinomique à des valeurs démocratiques», a-t-il prévenu.

Une accusation qu’Alpha Mamadou Diallo, le troisième secrétaire général adjoint de l’USTG version Mamou, dirigée par Abdoulaye Camara, a balayé d’un revers de la main.

« Nous parrainons cette activité aujourd’hui parce que les travailleurs ont librement adhéré à notre centrale syndicale et en particulier, ils sont avec le Bureau exécutif national de l’USTG élu les 26, 27 et 28 octobre 2018 à Mamou. Comme on dit souvent que le ridicule ne tue pas. Ce sont des gens qui ne sont connus nulle part. Ils racontent partout qu’ils sont avec les secteurs du Transport, du Port etc. Mais en réalité, ils ne sont avec personne. Ce sont des gens qui ne trouvent aucune autre option que de raconter des histoires. Si les forces de l’ordre sont présentes, c’est parce qu’ils avaient l’intention de venir nous assiéger. Et c’est pourquoi, les forces de sécurité sont venues pour s’y opposer à cette volonté pour ne pas qu’ils viennent tomber sur nous. Ce sont des gens violents et qui ne sont pas responsables », a-t-il répondu.

« Notre souci est, aujourd’hui, d’avoir un syndicat qui pourra faire notre affaire. Nous avons appris que seule la délégation gouvernementale a accès à la cours. Ils n’ont qu’à faire beaucoup attention. Ce ne sont pas seulement des analphabètes qui sont là », a lâché dans la foulée un docker.

Faut-il noter que l’USTG est divisée en deux factions depuis l’échec de l’organisation d’un congrès consensuel en fin 2018. Pourtant, dans le but d’unir les fédérations syndicales membres de l’USTG, Louis M’Bemba Soumah avait annulé le congrès prévu à Mamou. Cependant, cette décision de l’ancien secrétaire général de l’USTG n’a pas été respectée par certains membres qui se sont rendus à Mamou pour élire Abdoulaye Camara.

Ce qui n’avait pas empêché Louis M’bemba et cie d’organiser un autre congrès au Palais du peuple qui a propulsé Abdoulaye Sow de la Fesabag (Fédération syndicale autonome des banques, assurances et microfinances de Guinée) à la tête de cette centrale syndicale.