Conakry : licenciés, des travailleurs de Moulins d’Afrique saisissent la justice

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Trente-un travailleurs de Moulins d’Afrique, une filiale du groupe Société Nouvelle et Commerce (SONOCO) viennent d’être, selon eux,  abusivement, licenciés par la Direction Générale. Leur unique crime,  c’est d’avoir sollicité l’Union Générale des travailleurs de Guinée (UGTG)  la mise en place d’une structure syndicale pour défendre leurs droits.

Interrogé, le porte-parole des jeunes licenciés Amadou Sara Sow est revenu sur la genèse du problème qui les oppose aux Moulins d’Afrique.

«Il y a 7 ans que je suis dans cette société. Le PDG de Société Nouvelle et Commerce (SONOCO) a commencé d’abord à importer la farine avant d’installer une usine à Conakry. Certains matériaux  de cette usine ont été transportés par nous.   

Pendant le mois d’août, octobre et novembre 2017, nous avons transporté 37 mille tonnes de blé du Port Autonome de Conakry (PAC). C’est en moment que nous avions pensé à mettre en place un bureau syndical qui allait défendre nos droits parce que nos conditions de vie et travail ne faisaient que se dégrader.

Aux Moulins d’Afrique de Guinée, quand un travailleur tombe malade, il est automatiquement remplacé et pour toujours. Les cas sont multiples et  il n’y a aucune structure pour défendre notre cause.  Quand la direction générale a reçu la lettre venue de l’organisation syndicale l’UGTG, l’informant de l’adhésion d’un groupe de ses travailleurs, le directeur général Boubacar Barry a convoqué une réunion d’urgence  à son bureau. C’était le 24 octobre 2017 au cours de laquelle,  il a clairement dit que le syndicalisme ne sera pas exercé au sein de l’entreprise.  C’est cette menace qu’il a mise en exécution quand nous sommes revenus le 26 octobre 2017.

Pourtant,  quand vous devez licencier un travailleur, il y a des procédures à suivre. D’ailleurs, ce dernier peut même se faire assister par un avocat ou un camarade. Le DG n’arrêtait pas de mettre ses travailleurs dans des conditions difficiles et inconfortables.

Alors que nous avions saisi l’Inspection Générale du Travail (IGT), le DG Boubacar Barry a porté plainte contre nous à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ). Nous avons été simplement relaxés par les Officiers de la Police Judiciaire (OPJ) parce qu’ils ont estimé que  sa plainte était mal fondée.

Nous avions été reçus à un moment donné par le Médiateur de la République sans suite. Nous avons été amenés aussi à faire des sit-in, des marches sans succès. Aujourd’hui, nous avons saisi la justice,  le DG Boubacar Barry a comparu le 24 octobre dernier devant le Tribunal de Première Instance (TPI) de Mafanco. Le  8 décembre dernier, nous avons encore comparu. M. Barry a nié catégoriquement d’avoir nous licencier à cause de la mise en place d’un syndicat. Nous demandons que la justice soit rendue», a expliqué Amadou Sara Sow.

Il a insisté qu’ils ont été licenciés alors qu’ils n’ont commis aucune faute. «Pendant trois ans nous sommes en train de traîner. Aujourd’hui, comme toujours, nous demandons que justice soit faite», a-t-il souhaité.

Après plusieurs tentatives, ni le DG de Moulins d’Afrique ni  le PDG du Groupe SONOCO n’a daigné répondre  à nos appels et nos messages. Mardi dernier, notre reporter a été reçu par le responsable de la communication de Moulins d’Afrique au siège de l’usine à Sonfonia sans succès.

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