Conakry : ouverture du procès  du col. Barry, l’ex-porte-parole de la gendarmerie pour « vol aggravé »

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En prison depuis le 9 mars dernier, le colonel Mamadou Alpha Barry a comparu ce mercredi devant le tribunal militaire pour « vol aggravé » au préjudice d’un commerçant du nom d’Ibrahima Diallo. A la barre, le prévenu n’a pas reconnu les faits. Alors qu’il lui est reproché d’avoir volé 165 millions de francs guinéens au cours de l’interpellation du commerçant en février dernier, l’OPJ n’a reconnu d’avoir pris que 9 000 dollars (environ 90 millions de francs guinéens) comme « pourcentage» sur deux milliards 500 mille francs guinéens.

« L’argent que j’ai pris est une somme de 9000 dollars. Normalement c’est 250 millions gnf qui me reviennent de droit. Parce que c’est comme ça que ça se passe à la gendarmerie. Mon oncle [c’est comme ça qu’il appelle la partie civile] même connaît. C’est vrai que je n’ai pas pris l’argent en sa présence, on l’avait déjà déféré à la gendarmerie de Matam, mais il en était informé. C’est lui-même qui m’a autorisé à prendre son véhicule et son contenu et de les faire sortir de la gendarmerie. Quand tu aides quelqu’un à récupérer son argent, tu as un pourcentage de 10%, c’est ce que j’ai pris dans son sac d’argent qui contenait 2 milliards 500 millions de francs guinéens », a dit le prévenu.

Le colonel Mamadou Alpha Barry croit avoir plutôt été le sauveur de celui qui l’accuse aujourd’hui de vol. « C’est moi qui me suis opposé à ce qu’on ne le transfère pas à la maison centrale de Conakry. L’objectif des gendarmes était de lui retirer son argent. Vous savez, chaque week-end, les gendarmes qui sont à Dixinn prennent des commerçants, leur collent quelque chose, une manière de leur retirer de l’argent, chose à laquelle je me suis toujours opposé », s’est défendu le colonel, qui estime que sa nomination comme directeur des opérations de la gendarmerie de Dixinn n’avait pas plu à ceux qui y étaient. « Pour eux (les gendarmes qu’il a trouvés à Dixinn), c’était de les contrecarrer parce que là-bas ils vivent comme des princes », a-t-il dit.