Conakry : quand Alpha Condé donne des leçons de protocole à son Chef protocole sous les yeux du président Indien

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« Toi aussi, passes de l’autre côté. Tu es devant les journalistes… »

Ces propos sont du président Alpha Condé à son directeur du protocole d’Etat, Mamady Sinkoun Kaba ce samedi 3 août à l’aéroport international de Gbessia à l’occasion du départ du président indien au terme de sa visite d’Etat de 72 heures en Guinée.

Il est 12h45mn, GMT. Nous sommes à l’aéroport international de Conakry-Gbessia. Le cérémonial de départ réservé au président Indien, Ram Nath Kovind est lancé. Le président Alpha Condé et son illustre hôte apparaissent sur le tarmac de l’aéroport. Après le salut des drapeaux, les deux hommes d’Etat passent en revue les personnalités présentes ainsi que la hiérarchie militaire.

Le Directeur du protocole d’Etat, dans le rôle qui est le sien, présente successivement toutes les personnalités guinéennes au président Ram Nath Kovind, accompagné de son hôte Alpha Condé.

Seulement, voilà que l’exécution de cette tâche par l’Ambassadeur Sinkoun Kaba, Directeur du protocole d’Etat guinéen, est quelque peu biaisée. Au lieu d’occuper une position latérale, Sinkoun Kaba se place dans une position centrale. Sevrés des meilleures positions, tous les photographes et cadreurs présents (Indiens et Guinéens) étaient aux abois et criaient tous au nom de Sinkoun Kaba. A telle enseigne que le président Alpha Condé qui fixait les journalistes, finit par réaliser leur amertume.

Et en bon soussou (dialecte de la Basse Guinée), il lâcha furtivement à l’endroit de son directeur du protocole : «toi aussi, passes de l’autre côté. Tu es devant les journalistes… »

A la suite de cette intervention du chef de l’Etat guinéen, chacun des professionnels des images qui étaient mis en difficulté par Sinkoun Kaba, poussa un énorme ouf de soulagement qu’on pouvait lire  sur le visage d’entre eux.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, oui pour une des rares fois, le président Alpha Condé s’improvise en fieffé défenseur des hommes de médias en détresse dans l’exercice de leur métier.