Conakry: tenue de la session d’échanges sur l’environnement des affaires

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Echanges sur l'environnement des affaires en Guinée/ Photo Mady Bnagoura/Guineenews

A l’initiative du ministère des Investissements et des Partenariats publics privés, la session d’échanges sur l’environnement des affaires s’est tenue ce vendredi 8 novembre 2019, à Conakry. Outre le ministre du Budget et l’ambassadeur des Etats-Unis, la rencontre à mobilisé de nombreux cadres chargés – au sein des différents départements ministériels – à travailler sur l’amélioration du climat des affaires.

Dans sa présentation faite sur vidéo-projection, le ministre des Investissements et des Partenariats publics privés a fait noter que la Guinée a fait des progrès significatifs, mais s’il y a encore besoin d’améliorer le rythme des réformes. Pour en persuader l’auditoire, Gabriel Curtis a dit à titre d’exemple que sur un total de neuf réformes que le pays a présentées au niveau du Doing Business, deux seulement ont été validées.

« Ce qui veut dire que les sept autres doivent encore faire l’objet de plus de travail pour être validées cette année », a-t-il mentionné.

Poursuivant, le ministre Curtis a exposé sur les acquis au compte du Fonds Economique Mondial, notamment au niveau de la compétitivité où la Guinée a amélioré son score. Il a également parlé du Millenium Challenge Corporation (MCC) qui reste un programme très important, en ce sens qu’il finance de manière gratuite la construction d’infrastructures structurantes.

« Là aussi, la Guinée a progressé de manière enviable. On a plus que doublé notre score. Donc, on est presque dans la catégorie des pays qui ont de l’éligibilité. Et nous allons travailler pour ce poste-là », s’est-il lancé comme défi.

Tout en se félicitant du fait que la Guinée ait enregistré une croissance économique « enviable », Gabriel Curtis a fait mention de ce qui suit:

« On a vu les croissances économiques à 2 chiffres en 2016 et 2017 et une croissance économique forte de 6,8% pour 2018 et 6,3% prévue pour 2019. Ceci étant dit, la croissance est portée par le secteur des mines, et dans une moindre mesure, par le secteur de l’agriculture. Et ce qu’on veut au niveau de l’investissement, c’est de créer un cadre le plus favorable possible pour qu’il y ait une véritable diversification de l’investissement dans ce pays. Notamment dans les domaines de l’agriculture, de l’énergie, des infrastructures, les TIC, le tourisme, etc. », a-t-il entre autres énuméré.

Pour sa part, le ministre du Budget a indiqué qu’il y a une bonne perception par rapport à l’environnement global des affaires en Guinée. Une situation favorisée selon Ismaël Dioubaté par le fait que le pays se soit inscrit dans des réformes structurelles, structurantes, pour que tous les investisseurs – qu’ils soient locaux ou étrangers- puissent trouver leurs comptes au niveau administratif et que toutes les procédures liées à l’investissement soient simplifiées, accessibles et à moindre coût.

« Et d’autres réformes sont en train d’être entreprises. Il ne faudrait jamais oublier qu’en 2010, nous étions le dernier de tous les pays. Aujourd’hui, nous avons amélioré notre position de façon spectaculaire, mais nous voulons être parmi les pays les plus performants. (…). Vous avez dû le constater l’année dernière, la Guinée figurait parmi les trois pays les plus réformateurs de l’Afrique de l’ouest. Donc, nous allons continuer à poursuivre les efforts. Mais surtout ce qu’il convient de savoir, c’est que ces questions de réformes s’avarient d’une année à une autre. Il y a des années où on est vraiment très performant. Et, il y a des années où la performance reste mitigée », a expliqué le ministre du Budget.

A la question de savoir si ces performances dont il se targue ont-elles des incidences sur le panier de la ménagère, Ismaël Dioubaté a répondu en ces termes: « Toutes les réformes concourent à améliorer le panier de la ménagère. Si on accepte de faire des réformes, de faciliter les investissements dans le pays et d’accroître la croissance, les gens vont investir. Et cela crée l’emploi, donne de l’espoir à la jeunesse et crée des moyens pour l’Etat d’investir dans les infrastructures ».

Dans le même ordre d’idée, le diplomate américain en poste à Conakry, SE M. Simon Henshaw s’est réjoui des avancées « significatives » de la Guinée en termes de l’amélioration de son climat des affaires.

Le Programme Millenium Challenge Corporation (MCC) a été initié par l’administration américaine en 2004 en vue de former un nouveau partenariat de développement avec les pays en voie de développement. Il s’agit d’un fonds de développement bilatéral destiné à réduire la pauvreté à travers la croissance économique.

Ce programme accorde des subventions et une assistance limitée dans le temps aux pays qui se conforment à des standards dans un certain nombre de domaines, notamment la bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques et les libertés économiques permettant la création d’un environnement favorable à l’initiative privée.