Conakry : un groupe d’enseignants de Kéitaya dédommagés par la BCRG à hauteur de 456 millions gnf (Sonapi)

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Après deux ans de négociations, la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) a procédé finalement le 9 janvier 2020 au paiement de la somme de 456 827 600 francs guinéens aux enseignants comme valeur résiduelle consensuelle des différentes constructions recensées sur le lot 34 de Kéitaya abritant la Cité de la BCRG. L’annonce a été faite ce mercredi 5 février par le Directeur général de la Société Nationale d’Aménagement et de Promotion Immobilière (SONAPI) au cours d’un point de presse qu’il a animé au siège de l’institution à Yimbaya.    

Dans son explication, le Directeur général de la SONAPI Boubacar Kéita a rappelé que le domaine de Kéitaya appartient exclusivement à l’Etat.

« Depuis plus de deux ans, nous avons reçu un groupe d’enseignants dans nos locaux qui réclamaient des parcelles au niveau de Kéitaya. Ces parcelles ont été données à la Banque Centrale de la République de Guinée qui est en train d’y faire une cité. Officiellement, tout Kéitaya est dans le portefeuille de l’Etat mais malheureusement, il est occupé de manière illégale à plus de 70% par des citoyens », a-t-il déploré.

Et de poursuivre : « ces enseignants ont commencé des constructions qui ont été démolies. Ils sont passés devant toutes les juridictions du pays. Nous avons fait plus de 30 réunions avec eux avant d’aboutir à un consensus pour pouvoir les indemniser sur la base du caractère social de paix que nous voulons sauvegarder dans notre pays. Nous avons demandé à la banque centrale de tout mettre en œuvre pour aider à obtenir une certaine somme qui pouvait représenter la valeur de ce qui semblait être investi par eux.»  

Interpelé sur le dysfonctionnement au sein de son institution, Boubacar Kéita précise : « nous sommes en train d’aller pas-à-pas pour réussir la restructuration financière de la SONAPI. Mon directeur général adjoint dans la logique des choses est mon conseiller sur le plan technique. Mais il a outrepassé un peu ses prérogatives pour signer à ma place des choses qu’il ne devait pas faire. Sans rentrer dans les détails, j’ai cherché à mettre de l’ordre dans nos affaires afin que mon administration puisse marcher normalement. Si je ne m’étais pas ressaisi, le dérapage m’aurait emporté », a-t-il fait savoir.

A la tête de la SONAPI il y a bientôt cinq ans, M. Keita a indiqué qu’à sa prise de fonction, il n’a trouvé que le désespoir total. « L’institution n’avait pas un millimètre carré de réserve foncière. J’ai trouvé dans la caisse 40 millions de francs guinéens avec un endettement en termes de milliards de nos francs. Parce que beaucoup d’acquéreurs potentiels avaient fait des versements et n’ont pas pu accéder aux parcelles qu’ils avaient voulu acheter. A ce moment, la SONAPI ne bénéficiait d’aucune subvention de l’Etat », a-t-il déclaré à la presse.  

Il faut par ailleurs rappeler que le manque de permis de construire, le non-respect des clauses de convention de Promotion Immobilière et de cession des terrains sont, entre autres, les motifs de démolition des constructions des enseignants sur le domaine de Kéitaya.