Concession du port aux Turcs: le contrat fera perdre à la Guinée 41 millions USD (DAF suspendu)

septembre 21, 2018 2:42
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Le Directeur administratif et financier (DAF) du port autonome de Conakry  (désormais suspendu de ses fonctions après ce point de presse) a demandé hier l’annulation ou la suspension du contrat de concession signé entre la société turque Albayrak et l’Etat guinéen. Ibrahima Kalil Kéita justifie cette demande par le fait que, selon lui, ce contrat n’est en aucun cas bénéfique pour la Guinée.

Pendant deux heures, Ibrahima Kalil Kéita s’est évertué à démontrer les incohérences qu’il a décelées dans le contrat signé avec Albayrak. Selon lui, le risque est énorme pour la Guinée en conservant ledit contrat en l’état. Par exemple sur le droit de recrutement, Albayrak est libre dans la gestion de son personnel. Comme le stipule l’article 31.7 du contrat. D’où l’inquiétude pour l’avenir des actuels travailleurs.

Par ailleurs, a-t-il affirmé, en conservant ce contrat qui est signé, la Guinée va perdre « 41 millions de dollars » en 25 ans.

«Lorsqu’on a discuté en avril, la Guinée avait un pourcentage de 18 pour cent comme retombées. Ce qui devrait nous rapporter 374 millions pendant les 25 ans. Malheureusement dans le contrat, ils ont mis 16 pour cent. Et si on calcule l’impacte de cette baisse de pourcentage pour la Guinée,  le pays va perdre 41 millions de dollars. Parce nous allons passer de 374 à 332 millions de dollars. Car, selon leur flux de liquidité pendant les 25 ans, Albayrak va engranger 2 milliards 80 millions de dollars sur les recettes du port », a expliqué Ibrahima Kalil Kéita.

Autres remarques soulevées par Ibrahima Kalil Keita, c’est le fait que Albayrak n’a présenté aucune garantie bancaire avant la signature de ce contrat. C’est pourquoi il dit avoir  demandé à ce que le gouvernement suspende ce contrat s’il ne peut pas l’annuler pour, dit-il, le bien de la Guinée.  Pour ce faire, M Kéita  suggère une réunion de concertation entre tous les acteurs concernés par ce problème.