Condamnation du préfet de Labé pour abus de pouvoir : Réactions

mars 30, 2018 12:46
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Comme annoncé dans l’une de nos précédentes dépêches, le préfet de Labé El Hadj Safioulaye Bah a été condamné ce jeudi 29 mars 2018 par le tribunal de première instance (TPI) à un an de prison avec sursis assorti d’une amende de deux millions de francs guinéens au pénale et au paiement de cent millions francs guinéens à titre de réparation pour toute cause de préjudice confondue à l’endroit du plaignant El Hadj Bhoye Garmbé Diallo. Quelques minutes après la publication de ce verdict, Guinéenews© a pris langue avec les deux parties en conflit.

« Nous sommes hautement satisfaits de la décision qui vient d’être prononcée par le tribunal de première instance de Labé qui, dans son dispositif, a d’abord déclaré nul et de nul effet la réquisition en date du 26 décembre 2017 signée de façon irrégulière par monsieur le secrétaire général des collectivités auprès de la préfecture de Labé sur instruction de son chef hiérarchique en l’occurrence monsieur Safioulaye Bah, préfet. Nous avions plaidé la nullité de cet acte parce qu’irrégulier tant sur la forme que sur le fond. Sur la forme parce que monsieur le secrétaire général n’a pas la compétence de signer une réquisition en lieu et place de monsieur le préfet. C’est une compétence exclusivement réservée à monsieur le préfet. Sur le fond, les conditions de recours à cette loi portant sur le maintien d’ordre ne sont  pas établies parce que les articles 1 et 2 de cette loi n’autorisent ou n’admettent le recours au maintien d’ordre qu’en cas de trouble à l’ordre public », a déclaré Me Pépé Antoine Lamah, avocat de la partie civile.

À son tour, Maître Salifou Boiro de la défense a été clair et précis. « Première lecture, c’est de faire appel contre pareille décision immédiatement sans désemparer. C’est ce que j’ai fait ; ma lettre d’appel est déjà enregistrée. Ça veut dire que tout ce qui s’est passé à Labé va être évoqué devant la chambre correctionnelle de la cour d’appel de Conakry et les débats vont reprendre à zéro. Et la cour d’appel peut confirmer le jugement de Labé tout comme elle peut l’infirmer », estime-t-il.

« Moi, en tant qu’avocat, j’ai le moral très haut parce que je sais qu’il y a trois escaliers en justice. Si je trébuche au niveau du premier escalier qu’est-ce qui me dit qu’en deuxième escalier ce n’est pas moi qui piétine les gens ? J’ai senti le préfet très mal à l’aise et cela se comprend ; il pouvait s’attendre à tout sauf à une condamnation pareille », a ajouté l’avocat du préfet de Labé.

Enfin, le principal plaignant dans cette affaire qui n’est rien d’autre que l’opérateur économique El Hadj Bhoye Garambé Diallo a aussi accepté de livrer ses impressions en ces termes. « Je pense que la justice guinéenne est en train d’avancer petit à petit. Si ça continue ainsi, les gens vont avoir justice et chacun saura ce qu’il doit faire et ce qu’il doit éviter », réagit-il.