Conditionnement précaire des emballages: le cas singulier des bidons servant à la collecte d’huile  

avril 29, 2019 6:26

Le conditionnement de ces emballages ne semble pas des plus optimums qui soient. Les bidons sont probablement bien rangés et même bien fermés. Mais cela suffit-il à les préserver de toute souillure due aux intempéries et autres manipulations ? Déjà, on les voit empilés à même le sol, un genre ‘‘magasin en plein vent’’. Le soleil, la pluie, les eaux stagnantes, les ordures, la poussière, tout y passe. Et, de poussière justement, parlons-en ! L’une des zones de prédilection de cet entreposage se situe en bordure du mur d’enceinte d’une cimenterie, à Kagbélén. Or, la proximité du ciment, sous-entend nécessairement risque de poussière, de nature chimique, cette fois. Celle-ci se dépose de manière insidieuse sur les bidons et lors du remplissage, il y a des risques que des impuretés affectent le produit. On rétorquera que les bidons sont lavés avant usage. Bien entendu ! Mais, cette opération se passe-t-elle dans les règles d’hygiène requises, surtout quand le nombre de récipients à traiter est considérable ? Là est toute la question.

En général, l’achat de bidons plastiques se fait de deux sortes. Celle que nous voyons là, à l’image, qui consiste à acheter et stocker en quantité « industrielle » pour une revente en gros et la transaction directe entre particuliers. Une fois vide de son premier contenu, généralement de l’huile d’arachide, le bidon est concédé à autrui qui l’utilise à d’autres fins, le plus souvent pour stocker de l’eau.

Les adeptes du commerce d’huile de palme sont les plus gros clients de ces négociants de bidons. Cette activité qui enregistre la présence active d’un grand nombre de femmes reste assez florissante dans notre pays. L’essor de ce business a certes vacillé, il y a quelques années, lors du scandale de l’huile rouge frelatée qui avait défrayé la chronique, un bon moment. Les autorités avaient démasqué un réseau de falsificateurs de produits qui ajoutaient des substances chimiques à l’huile naturelle pour lui donner une apparence beaucoup plus attrayante. Couleur, densité et volume étaient influencés pour davantage de profit. Au détriment de la sécurité alimentaire des citoyens. Cette campagne d’assainissement avait recueilli l’adhésion totale des populations, fortes consommatrices d’huile de palme, qui se sentaient motivées à contrer cette menace avérée pour leur santé.

Depuis lors, les choses semblent s’être calmées. La qualité du produit ne fait plus objet de grande controverse. Les consommateurs restent quand même vigilants et assez pointilleux sur ce qu’on leur propose.

Les échanges ont repris et leur intensité est fonction des récoltes. De la zone forestière, où se passent la majorité des transactions, le flux conduit les opérateurs du secteur à couvrir les besoins intérieurs du pays. Les transactions les conduisent jusque dans les pays voisins, comme le Sénégal, la Gambie, le Mali…

Bien que certains camions transportent directement le produit, de la forêt vers les préfectures requérantes, Conakry reste le principal centre de collecte et de distribution, puisque recueillant en plus, l’huile en provenance de la basse côte, principalement de Boké.

Il est indéniable que toutes ces transactions ne peuvent s’effectuer sans risque. Au-delà du conditionnement des emballages, déjà évoqué, il y a leur détérioration en cours de voyage. Bidons tombés, ramassés, quelque fois percés, couvercles dévissés ou perdus. Il y a aussi les multiples manipulations et autres transvasements hasardeux, sinon douteux, entre le grossiste, le détaillant et le consommateur. Autant de choses qui doivent attirer l’attention des services de contrôle de qualité pour garantir à la population un produit intègre, à traçabilité parfaite, exempt de risque à la consommation.