Contrôles  routiers: comment les passer sans heurts ?

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C’est bien une question que chaque usager a pu se poser à un moment ou à un autre dans la circulation: comment réagir face à un contrôle de police ou de gendarmerie sur la route, comment faire pour le passer sans difficultés majeures ?

Un confrère de l’hexagone a tenté d’y répondre depuis les années 1990. Ça a l’air si lointain, dira-t-on. Certes ! Mais, rassurons-nous, et cela illustre bien  l’intemporalité de certaines idées : le temps n’érode en rien leur pertinence. Aussi, le sujet évoqué ici reste-t-il encore actuel et de rayonnement universel. Il traite d’une question de comportement humain, lequel n’évolue pas au rythme du temps qui passe.

Que chaque pays s’attelle à former, sensibiliser, équiper à la fois, ses  policiers, gendarmes et usagers de la route, ceux-ci, au final, malgré tout le niveau de  qualification qu’ils auront atteint, resteront toujours les êtres humains qu’ils n’ont jamais cessé d’être. Les uns différents des autres, chacun avec une psychologie, des sentiments, des humeurs, des forces, mais aussi…des faiblesses.

Et quand on se dit que ces mêmes éléments doivent se rencontrer chaque jour dans la circulation, les uns pour conduire, les autres pour contrôler, il y a tout lieu de s’attendre à que ce tout ne se passe pas toujours, aussi bien qu’on le souhaiterait.

Comment donc éviter que soit rompue cette harmonie indispensable entre agents et usagers ? Chacun peut avoir sa réponse. En voici une que notre confrère que nous citions plus haut, nous livre ici, inspirée du vécu français des  années 90. Lisez ! :

« Oui, mettons nous d’accord tout de suite. Ce qui suit ne s’applique qu’aux « petits » contrôles, suite à une petite infraction. Si vous venez de traverser une ville à plus de 150 km/h, aucune règle de conduite (ah ! ah ! ah !) face aux forces de l’ordre ne pourra avoir d’effet atténuant : vous allez payer (et c’est normal, non ?). Mais dans le cas d’un petit dépassement de vitesse par exemple, certaines dispositions pourraient vous permettre de vous en tirer assez bien.

Première règle : ne discutez pas !

Evitez les « mais tout le monde le fait, monsieur l’agent » ou bien les « oui bon, j’ai mordu la ligne blanche, c’est pas la mort hein ». Ils entendent ça toute la journée. Et s’il y a bien une chose que les forces de l’ordre détestent, c’est la discussion. Ne croyez pas une seconde que prendre à la gorge le gendarme qui s’approche de votre vitre pourrait vous être utile. Vous n’allez réussir qu’une chose : à le braquer. Alors, non, on ne discute même pas de l’infraction. On reconnaît qu’on a commis le délit énoncé et on se tait ! N’oubliez pas que les gendarmes et autres policiers sont des gens susceptibles.

Ne mentez pas !

Deuxième règle, qui va de paire avec la première : ne mentez pas. On est tous tentés de le faire :  » Non, c’est pas moi, vous avez dû vous tromper. Jamais, jamais je ne pourrais faire une chose pareille. Ce doit être la voiture qui me suivait « . A moins d’être sûr qu’il s’agit effectivement d’une erreur de la part des forces de l’ordre, cette technique est désastreuse. Reconnaissez plutôt vos torts, quitte même à faire votre mea culpa. Vous verrez, cela se passera nettement mieux. Et qui sait, peut-être bénéficierez vous d’une certaine indulgence en agissant ainsi.

Restez calme !

Voici la dernière, mais non la moindre, des règles à suivre lors d’un contrôle routier. Surtout, surtout, surtout, restez calme. L’agressivité, d’entrée de jeu, compliquera irrémédiablement la situation. Soyez polis avec les forces de l’ordre (autant qu’elles le sont avec vous au moins) et ne croyez pas que sourire serait vous trahir. Ça ne mange pas de pain et ça pose les bases à une discussion sereine. Suivez les instructions que l’on vous donne, comme un bon élève :  » vos papiers s’il vous plaît, veuillez descendre du véhicule… « . On ne soupire pas, on ne se crispe pas. Si vous n’avez pas commis l’irréparable (exemple : vous venez de franchir une ligne blanche sur 300 mètres), il n’y a pas de raison que le contrôle se passe mal.

Voilà donc trois grandes règles à respecter en cas de contrôle routier: ne discutez pas, ne mentez pas et restez calme. Si vous respectez déjà ces trois principes, vous verrez que même les forces de l’ordre ont parfois la main sur le cœur… »

 Il est loisible d’admettre que cet extrait ne s’applique pas qu’aux pays européens. Ce qu’on en tire comme substrat est le parfait reflet d’attitudes qui ont cours chez nous et sans doute ailleurs, aussi. Il s’agit d’un problème sociétal qui aborde des questions comportementales que nous avons en partage avec les pays dont on décrit un volet du face à face entre forces de l’ordre et usagers de la route.

Si nous pouvions intégrer, ne serait-ce qu’une partie de ce qui est retenu comme bon à faire, dans tous nos déplacements, en centre urbain ou en rase campagne, notre circulation routière serait des plus apaisées qui soient. Et nous serions tous gagnants, puisque libérés d’une bonne partie du stress qui nous habite en permanence et qui affecte notre capacité à bien conduire et à bien nous conduire sur la route.

Hélas ! On n’en est pas là, du moins, pour le moment. Bon nombre d’usagers et d’agents sont encore adeptes de comportements qui ne génèrent pas le bon ordre souhaité dans la circulation. D’où les nombreux problèmes qui affectent la quiétude et la sécurité de celle-ci. En attendant de revenir en détail sur le sujet, nous citerons quelques faits forts illustratifs de cette affirmation.

Chez nous, les usagers sont rarement en règle, très peu ont les papiers au complet, c’est le cas de le dire ! Ils sont, en plus, allergiques à toute forme de contrôle, notamment celui routier. A ce niveau, l’attitude la mieux partagée que nous observons est celle de répondre à toute interpellation  de l’agent par une question. Que celui-ci siffle ou demande les papiers, on lui rétorque aussitôt et toujours : Pourquoi tu m’arrêtes? Tu me connais ? Tu sais qui je suis ? Tu sais à qui tu as affaire ?

Et souvent, le portable est brandi aussitôt, comme pour faire plus d’effet. Trafic d’influence, intimidation, passe-droit, autant de subterfuges utilisés pour juste se soustraire à un simple contrôle. Pourquoi aller si loin, pour si petit, pour si banal !

Les agents ne sont pas en reste dans cette énumération. Quelques uns ont leurs lots de mauvaises attitudes, malgré les constants rappels à l’ordre de la hiérarchie. Ils portent nuisance aux usagers et à l’image de la corporation. L’énuméré de leurs mauvais comportements peut se résumer en ces quelques points, observables sur la route: interpellations et contrôles abusifs, non justifiés ; arrêt, les bras tendus, devant le véhicule qu’on veut immobiliser; introduction ‘forcée’ à bord des véhicules dont les conducteurs interpellés; arrachage des clés de contact des engins (auto et moto) encore en mouvement ; retrait de pièces sans s’identifier au préalable et sans les déposer au commissariat; payement d’argent exigé de l’usager, malgré qu’il soit en règle, au motif que ‘les papiers ne nourrissent pas, etc.

Soulignons que dans chacun de ces deux camps (usagers et agents), il existe aussi des individus au tempérament porté à l’excès. Ils sont facilement repérables par les cris, les invectives et autres violences verbales et physiques qui résultent de leur ‘rencontre’ sur la route.

Ainsi décrite, la situation montre qu’il y a encore beaucoup à faire pour arriver à une circulation routière apaisée et sécurisée chez nous.

Surmonter ces obstacles est possible, mais exige de nous, plus d’engagement, d’innovation, de civisme et de responsabilité.

Décideurs et citoyens sont tous interpellés !