Convention du PADES : Dr Ousmane Kaba fait un réquisitoire au vitriol contre l’Alpha-gouvernance

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En se portant candidat à la prochaine présidentielle au compte du parti des démocrates pour l’espoir (PADES), Dr Ousmane Kaba n’entend faire aucun cadeau au régime Condé. En témoigne ce diagnostic mordant que l’ancien député a dressé contre le pouvoir dont il avait été l’un des principaux piliers en 2010. Guinéenews vous propose ici un extrait du discours au vitriol tenu à l’occasion de son investiture ce samedi 1er août à Conakry. Lisez !

« La présente convention de notre Parti se tient à un moment critique dans la mesure où le pays est installé dans des crises politiques récurrentes, des crises économiques endémiques et des crises sociales qui engendrent une instabilité qui fragilise notre économie et plonge des millions de personnes dans la pauvreté.

S’agissant du diagnostic, il est clairement établi que la situation économique et sociopolitique de notre pays appelle une réflexion profonde et sans complaisance afin de pouvoir dégager des stratégies d’actions nous permettant d’aboutir globalement à une solution juste et consensuelle, dans l’intérêt de la nation. Cette réflexion menée par la PADES a permis d’identifier les vrais problèmes et préconiser des stratégies pour les résoudre.

Ainsi, Comme dirait un juriste et politiste guinéen, la situation de notre pays se résume à un désordre normatif et institutionnel chronique qui a entrainé une perte de repère généralisée plongeant le pays dans une situation d’anomie profonde.

Aujourd’hui, la guinée n’a plus une constitution légitime du fait qu’elle ait été adoptée dans les conditions particulièrement sombres au mépris de toutes les règles de droit.

Les élections législatives ont été couplées au référendum dans le but unique de préparer le terrain pour un troisième mandat obstinément voulu et préparé par et pour un Président de la République à six mois de son dernier mandat. Ces élections controversées ont été réalisées dans un climat d’hostilité, de brutalité et d’intimidation sans aucune limite.

 La version officielle de la nouvelle constitution publiée au journal officiel puis soumise au vote a été immédiatement falsifiée après le référendum, puis promulguée au mépris du droit et du respect dû au Peuple.

La cour constitutionnelle qui aurait dû être le dernier rempart inébranlable contre toute violation de la constitution a plutôt été le vecteur essentiel et déterminant de sa falsification. Au lieu de dire le droit elle a plutôt entériné la sortie de notre pays de l’Etat de droit. De sorte qu’aujourd’hui la guinée n’a aucune constitution valable et acceptée de tous.

Au plan politique la situation est alarmante. Les partis de l’opposition sont malmenés, leurs actions sont complètement bridées par des irrégularités, des brutalités et chantage de toute nature, qui les empêchent d’affirmer leur pleine mesure.

Du fait de tout ce qui précède, il n’existe plus en guinée de véritable contre- pouvoir aussi bien institutionnel que politique.

La conséquence est l’établissement d’un pouvoir qui ne recule devant rien pour atteindre les objectifs qu’il s’est assigné en violation du droit et sans aucun regard pour la vie humaine ou aux souffrances de son peuple. Un pouvoir qui utilise les stratagèmes les plus machiavéliques pour faire le vide afin de continuer à gouverner impunément pour le plus grand malheur du Peuple de Guinée« 

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