Convocation du corps électoral : l’UFDG réagit

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La date des législatives fixée au 16 février par décret a beau faire l’unanimité parmi les commissaires de la commission électorale nationale indépendante ( CENI), l’union des forces démocratiques de Guinée ( UFDG) ne manque pas de la dénoncer. C’est ce que nous retenons d’une conversion téléphonique que Guineenews a eue avec son vice-président chargé des questions politiques.

Même si par principe le parti dirigé par le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo  voudrait avoir des actions concertées avec les autres partis de l’opposition, l’ufdg ne fait pas mystère de ses reproches contre la CENI.

« On va se concerter et aller plus en profondeur avec toute l’opposition pour voir ce qu’il y a lieu de faire, » entame le député Aliou Condé qui enchaîne: « comme vous même l’avez dit, c’est un décret convoquant le corps électoral. Malheureusement ce corps électoral n’est pas à ce jour constitué. Il n’y a pas de corps électoral. Donc nous pensons qu’on ne peut pas convoquer ce qui n’existe pas. »

Dans la même  lancée, M. Condé explique que « le corps électoral, c’est lorsque toute la période de révision est terminée, le traitement a eu lieu, les électeurs sont repartis par bureau de vote, il y a la cartographie… » Et d’ajouter « … à partir du chronogramme établi par la Ceni qui a fixé la date de fin d’activités. Donc le jour des élections, le président prend son décret. Il (le président de la République ndlr) a seulement l’obligation de prendre le décret au plus tard 70 jours avant l’organisation des élections. Il n’est pas obligé, à 96, 97 jours de prendre le décret. »

Par ailleurs, poursuit le député de l’ufdg, « le chronogramme lui-même qui a fixé le 16 n’a pas été encore soumis aux parties prenantes. Et les parties prenantes au processus électoral, c’est les partis politiques, c’est la société civile… et c’est les partenaires techniques et financiers qui nous accompagnent. »…

Une nouvelle façon de faire pour la commission électorale nationale indépendante (CENI), qui rappelle-t-il, habituellement , »fait un chronogramme, il n’y a pas de date. Elle donne les délais d’exécution de chaque tâche et prend maintenant les délais globaux pour savoir combien ça fait, comme la dernière fois à Kindia… »

L’autre reproche que le vice-président de l’union des forces démocratiques de Guinée fait à la CENI, c’est la non organisation d’atelier pour permettre aux partis compétiteurs et autres partenaires d’apprécier le travail  fait et apporter des critiques et suggestions à intégrer au chronogramme. Une étape qui intervient avant « que la CENI ne convoque… ce qu’ils appellent comité inter-partis pour donner des informations », rappelle-t-il. Un comité qui ne garantit pas la sérénité pour objectivement évaluer le chronogramme. A cause nombre trop élevé de participants, relève-t-il.

Avant de terminer la conversation, le député de l’ufdg est revenu sur le statut de la CENI qu’il accuse de mettre les partis politiques devant les faits accomplis. Un « organe de gestion des élections » qui, en dépit d’être une institution républicaine ne devrait pourtant pas oublier son caractère social. « La Ceni est une institution républicaine exceptionnelle qui est née des négociations des accords politiques » rappelle-t-il. Insistant sur l’obligation que l’institution a, à ses yeux, d’associer « les parties prenantes » à toutes étapes de ses activités.

Ce qui aux yeux de M. Condé, relativise l’indépendance de la CENI qui n’est pas comme la cour constitutionnelle ni l’assemblée nationale, encore moins l’institution nationale indépendante des droits humains (INIDH). Comme pour répondre à ceux qui mettent en-avant le caractère indépendant de la CENI.