Convulsions politiques : 22 janvier 2020 comme un remake du 22 janvier 2007 ?

0
222

22 janvier 2017 – 22 janvier 2020. Cela fait 13 ans depuis la survenue du « massacre » des citoyens, consécutif à la grève générale déclenchée par le Syndicat, les partis et les coalitions d’opposition le 10 janvier 2007. Avec pour but de contraindre feu le président Lansana Conté à la démission, à qui ils reprochaient  d’avoir mal géré l’économie et d’avoir abusé de son autorité, en faisant libérer deux personnes accusées de corruption, notamment Mamadou Sylla, alors président du Patronat et Fodé Soumah, deuxième Vice-gouverneur de la Banque centrale au moment des faits.

A cela, s’ajoute le décret et le contre-décret qui a limogé et rétabli Alpha Ibrahima Keira à la tête du ministère de la Fonction publique. Une situation qui a provoqué l’ire de la population qui est descendue dans les rues pour protester. Mais la manifestation a été fortement réprimée. Au moins 59 personnes sont mortes dans les affrontements entre agents des forces de l’ordre, appuyés par la garde présidentielle et manifestants au Pont 8 novembre, alors que ces derniers tentaient de franchir les portes de Kaloum, siège de la Présidence de la République et de l’essentiel de l’Administration publique.

Plusieurs dirigeants syndicaux, dont Rabiatou Serah Diallo, alors Secrétaire générale de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée, actuelle présidente du Conseil économique et social avaient pris part à cette révolte populaire.

Environ une semaine après, le Syndicat et le gouvernement s’accorderont sur la nomination d’un Premier ministre doté du statut de chef de gouvernement. Toute chose qui a milité en faveur de la suspension de la grève. Et le général Lansana Conté a été soumis à un ultimatum de 15 jours pour nommer un nouveau Premier ministre.

Il nomme Eugène Kamara au poste de Premier ministre. Mais cette nomination d’un « proche » a été vigoureusement rejetée par les syndicalistes.

Une vingtaine d’opposants seront tués au cours des manifestations survenues à Conakry et dans les villes provinciales de l’intérieur du pays, en guise protestation contre cette nomination. Et c’est alors que l’inter-centrale syndicale exigera pour la première fois le départ du pouvoir du président Lansana Conté.

Mais se tenant droit dans ses bottes, Lansana Conté décrète l’état de siège impliquant un couvre-feu de 20H à 6H du matin et de 6H à 16H sur l’ensemble du territoire national. Egalement, les manifestations, cortèges, rassemblements ont été interdits.

Similitude

Et comme par concomitance, ce mercredi 22 janvier 2020 – marquant l’an 13 de la survenue de ces événements tragiques – arrive sur fond d’une série de crises tant sociales que politiques. En ce moment où le secteur éducatif reste éprouvé par la grève lancée par le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée, pendant que les travailleurs de l’Electricité de Guinée entendent partir en grève, les activités économiques sont en berne à maints endroits de la Guinée.

Cela fait suite à l’appel à la « résistance active » lancé par les leaders sociopolitiques regroupés au sein du Front national pour la défense de la Constitution. Ils protestent contre le projet de révision constitutionnelle porté par le régime en vue d’offrir un troisième mandat à Alpha Condé ou lui accorder un premier mandat d’une nouvelle Constitution.