Cortèges politiques : « Bourema Condé se trompe de code pénal », affirme un député de l’UFDG

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La déclaration du ministre de l’administration du territoire relative aux cortèges politiques continue de susciter des réactions dans la cité,  particulièrement dans l’opposition. A l’union des forces démocratiques de Guinée    (UFDG), c’est l’avocat et député Me Amadou Diallo qui a répondu à Bourema Condé…

Joint au téléphone par Guineenews©, c’est sous l’angle juridique que le député a abordé la question, en constatant tout d’abord que le ministre s’en mêle les pinceaux en citant les articles 106, 107 et 108 du code pénal.

« On va commencer déjà par rectifier parce que M. le ministre apparemment n’est pas à jour. Les articles qu’il a cités ne correspondent pas aux dispositions actuelles du code pénal. Le code pénal en vigueur règle les questions de réunion, de manifestation et de cortège dans ses articles 621 et suivants », enseigne-t-il avant de préciser que « les articles cités par le ministre sont d’un vieux texte qui n’est plus en vigueur. »

Poursuivant ses explications, le vice-président de la commission des lois à l’assemblée nationale relève que le ministre  » a oublié que l’exercice des libertés publiques, notamment le droit de cortège, est consacré et garanti par l’article 10 de la constitution. « 

« Tous ces manquements mis en exergue,  pour l’UGDg déclare le député, nous considérons que ce communiqué est sans objet. Il n’a aucun intérêt…il manque de base juridique… »

A propos des réunions, manifestations et autres cortèges, M. Diallo insiste qu‘ »ils peuvent se faire pendant et en dehors des périodes électorales. Pourvue que les organisateurs fassent la déclaration. »

Revenant à  la campagne électorale, il rappelle qu’elle est ouverte et fermée suivant un décret pris à cet effet. Et d’informer que cette question est traitée dans le code électoral dans ses articles 38 et suivants.

Toujours à propos de la campagne électorale, le député fait remarquer que s’il y a violation de la loi, c’est plutôt du côté du pouvoir qui,  selon ses propres termes, fait  des affiches en dehors des dispositions  de l’article 46 du code électoral et utilise les biens de l’Etat.

« Face à cette situation, suggère-t-il, si le ministre veut faire appliquer la loi, je l’invite dès demain matin à enlever toutes les affiches pour le oui au troisième mandat. Parce pour le moment, on n’a pas encore ouvert une campagne. En plus, qu’il saisissent qui de droit pour sanctionner ceux qui viennent de faire une tournée à l’intérieur (Kissoudougou, Gueckedou, Macenta)… »

Un défi républicain que le ministre Condé risque de ne pas pouvoir relever.